Tout un film pour « Un film… »

Retiré des salles avant même la fin de la semaine réglementaire d’exploitation, « Un film… » a créé un débat surréaliste.

Retiré des salles parce que des spectateurs indignés ont été jusqu’à cracher sur des caissières à l’entrée des cinémas !

En tant que comédienne, je suis triste ; en tant que citoyenne, je suis scandalisée.

Extrait d"Un film..."

Je ne brandirais aucun étendard au nom de la liberté d’expression. À mes yeux ce n’est pas de ça dont il s’agit mais de droit à l’existence. À l’heure ou le Maroc s’est dotée d’une nouvelle constitution, une frange de la population s’est octroyé un droit encore plus fort et plus pernicieux : celui d’exiger la disparition de ce qui ne lui convient pas.

Je fais mon métier avec foi, dignité, franchise et fierté. Je suis prête à dialoguer, à essuyer critiques voire même compliments si c’est de mon métier dont on parle, si c’est de cinéma qu’il s’agit.

Mais je ne saurais être accusée de quoi que ce soit. Je n’ai rien fait de mal. Et jamais je ne me justifierais. Jamais je ne baisserais les yeux ou m’excuserais.

Le seul dogme auquel je crois en terme d’engagement politique est cette phrase de Brecht lu sur un mur un soir d’hiver : « si tu ne participes à la lutte, tu participes à la défaite ».

 

 

Fatym Layachi

Alors aujourd’hui, je promets à Dieu dont j’implore la miséricorde tout les jours sans m’agenouiller, je promets à mes parents qui m’ont offert de bien belles valeurs, à mes cheveux pour qui je me ruine en produits Kerastase, je promets aux livres qui m’ont fait grandir et aux concerts qui m’ont fait rêver, je promets aux garçons qui m’ont fait tourner la tête et aux filles qui m’ont donné envie de leur ressembler, je promets à ma conscience, à mes caprices et à mes rêves de ne jamais les trahir, de ne jamais céder aux chants des sirènes, de ne jamais pas participer à ma défaite.