Devenez Qandisha !
Qandisha actuelle,
profession : strip-teaseuse de l’âme féminine
Cette semaine, je me suis découverte Qandisha ! Moi, l’électron libre qui ne me veux d’aucun courant, d’aucune doctrine, qui n’ai d’autre religion que la « pensée libre », j’appartiens à une famille !!!
En quoi suis-je une Qandisha ? Et pour commencer, au-delà du mythe du fantôme « hommenivore », qu’évoque pour moi cette appellation?
Qandisha était une belle femme qui aurait vécu au Maroc. Elle était belle certes, mais les femmes marocaines étaient réputées pour leur grande beauté. En quoi était-ce exceptionnel ?
Qandisha osait exhiber sa beauté, elle se baladait dans les rues en portant pour tout voile, son sourire et sa grâce. Elle n’était autre qu’une femme libre qui, quand les autres osaient à peine glisser un œil craintif derrière leurs fenêtres, osait sortir la tête découverte.
N’est-ce pas ce que nous faisons toutes, tous les jours? A l’instar de qandisha qui a tombé le voile, nous autres aussi tombons le masque. Ce ne sont pas nos cheveux que nous montrons, mais notre âme. Nous nous découvrons et ce faisant, nous nous dé-couvrons, à nous- mêmes et aux autres. Nous dévoilons nos envies, nos peurs, notre fragilité, notre différence… Quand d’autres les emmitouflent dans des draps d’ego, de « qu’en-dira-t-on », de « bent ennas » . Nous sommes des strip-teaseuses de l’âme !!!!
Alors bien entendu, il y a ceux que ça intrigue : « c’est donc ça la femme ? », il y ceux à qui ça fait peur : « cachez cette femme que je ne saurai voir », il y a ceux ( ou celles) que ça rend jaloux(ses) : « elles n’ont rien qui soit digne d’être montré ». Et il y a ceux chez qui ça réveille l’instant primaire de chasseur, déterminés à capturer l’animal sauvage, pour le tuer ou le domestiquer.
On dit que Qandisha possédait les hommes. N’étaient-ce pas les hommes qui tentaient désespérément de la posséder ? Voulant s’approprier cette femme, ce corps, cet esprit libre ? Étaient-ils possédés par elle ou par l’envie de la posséder ? «tel est pris celui qui croyait prendre… »
Donc, soyons heureuses d’être des qandishas parmi les qandishas. Nul besoin de slogans, de messages. Qandisha, n’a jamais défilé dans les rues pour militer. Elle se contentait « d’être ». Sa cause, son message, son slogan c’était elle-même, c’est nous… et si c’était toi aussi ? En chacune de nous sommeille une Qandisha. Cachée derrière ta djellaba ou ta mini – jupe, muselée par ton foulard ou tes bas – résille, ta Qandisha attend que tu la rencontres, que tu la reconnaisses, que tu l’aimes et que tu l’assumes.





Qandisha Magazwine est un support collaboratif féminin qui nourrit l’ambition de se positionner comme porte-voix aux femmes actives, intelligentes et citoyennes. Qandisha est respectueuse des libertés et des droits universels. Elle favorise le libre arbitre à la pensée collective, celle-ci ayant souvent été injuste envers la femme. Dans sa quête de dignité, Qandisha magazwine espère marcher côte à côte avec l’homme, son compagnon de vie.
Mounya, t’as pu résumer par ce cri du coeur et des tripes, ce que nous, Quandishates pensons, ce à quoi nous croyons. C’est certainement pour une chimiste, une question d’Alchimie…
Certains résumés se transforment en bombe. Les hommes ont du comprendre qu’ils défilaient devant l’inaccessible étoile. Qandisha me donne envie de revenir sur mon passé et de présenter les excuses plates que j’avais omi d’écrire mon noir sur ses blancs. Que cette confrérie réveille nos sens et batte nos contresens. Nos hors sujets trop souvent martelés mais mal ingurgités. Bravo pour le lancer…
Preuve en est que les idees recus sont tenaces, pour moi (et pour beaucoup d’ailleurs), Aicha Kandisha est un personnage mythique de notre enfance, decrite par parents et proches comme un epouvantail, decriee pour son cote « pleurnichard » a ses heures, a qui ne surtout pas ressembler, ni imiter. Mounya, tu as reussi, a travers ta prose, a faire un parallele intelligible et fin avec la situation de tant de femmes courageuses et libres! Bravo.
Merci à tous pour ces magnifiques commentaires. ce texte est juste la retranscription de l’effet qu’a provoqué en moi ma RENCONTRE avec le concept qandisha et les qandishates. Un effet miroir, que j’ai essayé de réfleter à mon tour.
Mais comment a fini Aicha Qandisha?? Il paraît qu’un homme transi d’amour pour elle l’a épousé, et, jaloux, ne la laissait sortir qu’à la tombée de la nuit. Elle allait alors se promener au bord de la mer…D’où la légende qu’on a tous entendu. Ne laissons plus jamais personne enfermer aucune Qandisha.
Quoi ? Il y’aurait des femmes libres et de bonnes moeurs dans le plus beau pays du monde ..
Une très bonne nouvelle pour le
Djin que je suis en espérant prendre la main de ma kandicha pour un périple magique et occulte hors des sentiers battus
Sauf erreur de ma part, Aicha Qendisha n’était elle pas (ou du moins était inspirée de) une résistante à l’époque de l’occupation ?
On la décrivait comme une sorte de « Jen » parce que l’occupant n’arrivais pas à l’attraper, d’où les mythes qui ont vu le jour (et les fantasmes d’une femme qui se balade nue et hante les hommes) ?
Ahmed, Qandisha est un mythe et se prête de ce fait à toutes sortes de versions et interpretations. j’ai choisi la version de la « contesse qandisha » ( qandisha serait en fait la déformation de contessa)car c’est elle qui me parle le plus. la version « résistante » me séduit aussi beaucoup et me fait penser à une autre qandisha de la mémoire collective populaire: kharboucha. qui sait? elle aura aussi un jour son papier sur ce support…. merci pour ton intérêt
Très beau texte qui résume quelque part ce jeu qui existe entre hommes machos et femmes libres, fortes de leur croyance en elles mêmes et en leurs valeurs. Tu as raison, en toute femme sommeille une Qandisha qui ne saura hiberner jusqu’à la fin des temps. Gare aux hommes qui ne cherchent qu’à l’opprimer et à ces calomnieuses qui en sont jalouses!