Un poème interdit
Tu t’insinues entre moi et moi
tu pénètres en moi
tu progresses en moi
tu m’envahis comme un liseron
tu te répands dans mes cellules
tu frissonnes la jouissance
pulvérises dans mon sang la joie
tu grandis encore plus
tu contractes décontractes ma matrice
tu fais se soulever ma peau de sur mes os
injectes la délectation dans mes valves
tu aères mes sens
les habites
respires dessus l’ambre et le benjoin
tu tires mes cris de leur terreau
tu laboures mon sol
le fertilises
tu me pénètres encore
progresses dans moi comme un arbre
tu grandis
tu me mets en désordre et m’ordonnes à nouveau
tu allumes mon ciel d’un arc flamboyant
tu ériges mes seins
reformes mes fesses d’un galbe de ta main
tu me cribles d’impacts
tu rentres loin dans moi
tu souffles ta salive dans ma bouche
tu lustres mes lèvres
tu me tiens par en haut par en bas
tu tires mes jambes vers toi
tu creuses ton baiser au plus lointain de moi
mes seins fleurissent contre la rosée de ta poitrine
je règle mes battements à tes battements
j’explore ton corps
je me laisse glisser
je suis envahie de toi
je n’ai d’autre saveur que la tienne
tu rassembles mes cheveux dans ta main
ils n’exhalent plus que ton odeur
ils suent leur henné leur lavande
ne se souviennent que de toi
je suis toi
je me remplis à plus soif de toi
je m’enfonce
je ferme les yeux
ta chair est ma chair
tu m’attires à toi
tu rentres aussi loin si loin
nous luttons tous deux
nous sommes deux et un
tu ensemences ma matrice de ton orgasme
je bourgeonne
je m’ouvre
je me referme
j’éclos
je bats comme un cœur
je flamboie
je me défais
je suis toi
je suis moi
je laboure le plaisir
je le fauche
je t’emprisonne
je te retiens
je monte vers l’infini
et asperge les airs d’un cri de joie





Qandisha Magazwine est un support collaboratif féminin qui nourrit l’ambition de se positionner comme porte-voix aux femmes actives, intelligentes et citoyennes. Qandisha est respectueuse des libertés et des droits universels. Elle favorise le libre arbitre à la pensée collective, celle-ci ayant souvent été injuste envers la femme. Dans sa quête de dignité, Qandisha magazwine espère marcher côte à côte avec l’homme, son compagnon de vie.
Et c’est parti !
Magnifique. Je pense que la censure vient d’un puceau précoce qui se salit à chaque lecture ou écoute.
Dieu ce que c est beau, je ne suis pas particulièrement fan de poèmes, mais quand ils sont de cet acabit, je suis preneuse. La question qui s impose : qu est ce qui a bien pu dans cet écrit profaner les oreilles puritaines?? Tout est si délicatement suggéré, que les mots se superposent a l imagination, c est elle qui prend le relais de l érotisme.
Ce qui est navrant, c’est que le poème est passé en direct. Il a été entendu par des gens qui n’ont peut-être fait que « croiser » la délicieuse voix de Siham, sur la station. Mais ceux qui partent chercher l’enregistrement y vont avec l’intention de le réécouter. Pourquoi les priver de ça? et à qui profite cette censure?
Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
A celle qui est trop gaie
Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l’heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,
Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T’infuser mon venin, ma soeur !
Simplement magnifique !
Tres tres tres coul
Ton amant est un homme heureux
L’amour est souvent beau, la censure est toujours bête.
Incontestablement, j’aurais voulu entendre plutôt Baudelaire que ce poème…je ne l’aurais évidemment censuré car tous les goûts sont dans la nature…entendons nous bien, ce n’est parce qu’il m’offusque de quelque manière que ce soit…bien au contraire, d’une certaine manière je ne le suis pas assez…la poésie est le lieu où la nouveauté doit s’exprimer, en matière d’amour ou même, pourquoi pas, de sexe si on veut mais c’est la nouveauté qui prime et en ce poème, nulle nouveauté notamment au niveau de la fonction poétique la plus essentielle : celle du langage…
Désolé, ce n’ai pas un poéme. C’est une incitation et une provocation dans un pays musulman. Elle mérite d’être censurer et celui qui l’a laissé s’exprimer sur les ondres marocaines doit être juger.
bravo , le lecteur vit ton orgasme avec délectations et étonnement