J’ai été violée (témoignages)
Posté par Qandisha le 20 mar 2012 dans Droit | 72 commentaires
Nous avons lancé un appel à témoignages pour des cas de viol. On ne se doutait pas que l’exercice serait aussi éprouvant.
Le but en était de démontrer qu’aucune femme, ayant subi ce préjudice physique et moral, ne pouvait trouver du réconfort dans l’union légale à son agresseur. Cela paraitra absurde pour certains d’entre vous, car tellement évident. Pourtant, l’absurde est bien marocain et l’article 475 le prouve. Cette loi censée s’appliquer dans les cas de détournement de mineurs, de fugue d’adolescentes « amoureuses », est d’autant plus insensée lorsque violence et humiliation ont marqué l’unique rapport entre victime et coupable.
Mais la lecture de ces bribes d’histoires fait prendre conscience que les articles de loi concernant ce dossier ne sont pas les seuls points problématiques. Aucune des témoignantes n’a porté plainte contre son agresseur, de peur de se voir jugée par la société. Et cela n’est rien encore devant l’angoisse de subir le mauvais traitement de la police et de la suspicion qui marque les interrogatoires des femmes violées. Tout au long des lectures, l’absence de soutien moral se fait également ressentir. Les structures habilités à aider ces femmes à se reconstruire après un viol sont absentes et les séquelles sont portées à vie.
Elles sont marocaines ou étrangères résidantes au Maroc.Elles ont témoigné spontanément, à contre coeur certes, mais avec l’espoir que ça puisse changer les choses… Ou ne serait-ce que les soulager de leur souffrance.
A.B :
Aujourd’hui, je suis une femme brisée. Je dors sous antidépresseurs et j’ai peur de sortir seule dehors, les gens me font peur à tel point que je n’arrive plus à travailler. J’ai démissionné de mon poste et mon seul réconfort est mon conjoint avec qui je vis et qui me soutiens énormément. Mon poids est faible à tel point qu’on voit mes os, je me sens souvent triste, j’ai besoin de la compagnie des gens, mais je me sens mal à l’aise avec eux.
Ma mère est décédée quand j’avais 16 ans suite à une maladie qu’elle a subie des années durant. Trois ans après son décès, on a diagnostiqué un cancer à mon père. Il devait se rendre régulièrement à Casablanca pour ses consultations. A cette époque, ma grand-mère paternelle est morte. Des funérailles ont été organisées. Les gens venaient nous rendre visite, parmi eux un voisin. Alors que mon père avait pris la route pour Casa avec ma sœur pour consulter, celui-ci est venu frapper à la porte et j’ai eu le malheur de lui ouvrir (même pas le faire entrer).
Le voisin savait que j’étais seule, il a forcé la porte et m’a sauvagement violée. Peut-être qu’il me désirait depuis longtemps car j’étais jolie et libérée, sauf que j’avais des limites, je n’avais jamais eu de rapports intimes avec quelqu’un. Mon premier rapport était un viol.
Le gars est reparti tranquillement après, en emportant le récipient que sa mère nous avait prêté pour la cuisine. J’en ai souffert en silence. Je ne pouvais le dire à mon père malade, mon père avec qui j’avais une relation fusionnelle. C’était un professeur avec des idéaux rares aujourd’hui, il m’a beaucoup appris et m’a soutenue quand tous ses amis essayaient de le monter contre nous. Ce papa que j’aimais, je ne pouvais le briser, alors qu’il savait qu’il allait mourir et nous quitter au milieu de vautours. Ma sœur ainée quant à elle, après lui avoir raconté ce qui m’était arrivé, m’a blâmée et m’a culpabilisée : « tu le mérites », me disait-elle. Sa vie n’a pas été facile, mais ce n’était pas une raison pour qu’elle me détruise alors qu’elle était mon seul soutien.
Aujourd’hui, j’ai la rage. Si je recroise cet homme, je n’hésiterai pas à prendre une voiture, l’écraser et me tuer après.
S.F:
Je me souviens encore des ecchymoses et du sang sur mon corps et ma tête. Ce n’est pas un violeur qui les ont causés, mais mon père quand il a appris que j’avais subi des attouchements de l’épicier du quartier. A l’époque j’avais à peine 6 ans. Je suis une jolie fille, teint lait, cheveux châtains et grands yeux verts. Quand j’étais petite, les gens adoraient me chouchouter, y compris l’épicier chez qui ma famille m’envoyait pour faire des courses. A chaque fois, j’en revenais avec des bons offerts par x.
Un jour, il m’a fait entrer à l’intérieur de sa boutique, il s’est mis à me toucher le corps.
Le soir en prenant le bain, je racontais à la femme de ménage ce qu’il m’avait fait, naïvement, telle une enfant qui décrit ses histoires avec ses petits camarades de classe. La femme de ménage m’a laissé dans la baignoire et est sortie toute pâle le raconter à ma mère, qui à son tour l’a raconté à mon père à son retour du travail.
Tel un fou, il est sorti crier au scandale et le chercher pour le tabasser. Ne l’ayant pas trouvé, il est rentré à la maison et s’en est pris à moi, jusqu’à ce que je perde connaissance. Le lendemain, je suis quand même allée à l’école, toute couverte de bleus, un œil au beurre noir et des blessures. Mon père est venu me chercher en plein cours pour porter plainte au commissariat. Le commissaire, jadis ami de mon père, en me voyant dans cet état, a blâmé mon père en lui disant qu’il devait le mettre en prison pour ce qu’il m’avait fait. Là, je me suis interposée pour dire « non », car malgré ce qu’il m’avait fait, je refusais qu’on mette mon papa en prison. Je ne me le serai jamais pardonnée.
Jusqu’aujourd’hui je garde les traces d’un double traumatisme : l’abus dont j’ai été victime et la violence de mon père à mon égard. J’ai longtemps culpabilisé, mais aujourd’hui je sais que ce n’est pas de ma faute. Je ne garde aucune rancœur contre mon père, car c’est le produit de sa société. C’est elle qui doit être remise en question.
F.S :
J’étais étudiante. Mes parents pensaient que je serais mieux seule dans un appartement, dans lequel ils pourraient venir quand ils le voulaient. C’est vrai que j’étais bien. Mes parents payaient tout au triple de son prix pour s’assurer que je sois bien et en sécurité. Le concierge et les voisins me surveillaient, des fois un peu trop, mais je ne m’en plaignais pas. Il y avait toujours quelqu’un pour attendre que je prenne un taxi le matin. Ayant grandi dans un village, en raison des fonctions occupées par mon père, j’avais le sentiment que Casablanca n’était qu’une grande famille qui m’avait accueillie à bras ouverts. J’avais confiance en tout le monde. Le concierge m’a à maintes reprises interdit d’accepter les propositions de parfaites inconnues pour me faire le ménage. Je pensais qu’il frisait la paranoïa, surtout que je me sentais en sécurité en raison de la proximité de notre maison de la préfecture de police.
C’est ainsi que lorsque le jeune maçon de l’immeuble en construction en face s’est proposé pour aller me chercher une bouteille de gaz, je n’ai pas refusé. Il était plus jeune que moi et très très gentil. Il faisait des courses pour le concierge et vu que ce dernier n’était pas à la porte, je l’ai laissé me rendre ce service en comptant le payer généreusement. Mais je ne pensais pas que le prix allait être aussi cher.
Il a mis en place la bouteille de gaz et a accepté une limonade à cause de la chaleur. Il sortait quand je l’ai rappelé pour lui donner un billet. Treize ans plus tard, je n’arrive toujours pas à m’ôter de l’esprit que si je ne l’avais pas rappelé à ce moment-là, ces quelques secondes, il serait parti.
Il avait marqué un moment d’hésitation, alors j’ai demandé s’il voulait quelque chose. J’ai voulu être gentille avec un garçon qui n’a pas eu les mêmes chances dans la vie que moi. Il s’est jeté sur moi.
L’incompréhension m’a paralysée. J’ai mis un moment avant de comprendre qu’il me violait. Je n’ai pas pu me débattre. Je l’ai laissé faire. Je n’ai rien senti quand il m’a dépucelé. Je ressentais à peine ses mouvements et la dureté du sol. Je crois même que sur le coup, j’aurais préféré être sur un lit. Je ne me souviens plus de son départ, je crois que je m’étais évanouie. J’ai repris conscience le soir, il faisait nuit et très chaud. J’avais juste le sentiment d’être un bout de viande, un animal comme un autre.
L’annoncer à mes parents les aurait tués. Je n’avais pas le droit de leur faire ça. Il avait disparu de toute façon.
Ca fait 13 ans que je suis traitée pour des TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et pour tentative de suicide. Il m’est arrivée de me saigner le vagin tellement je le nettoie. Il m’est arrivé quelques fois de rencontrer des hommes qui ne me donnaient pas envie de gerber, mais je développe automatiquement un vaginisme (1) malgré mes 10 ans de traitement psychologique.
Je ne sais pas si un jour je pourrais vivre normalement. Je témoigne pour vous aider à protéger d’autres femmes.
H.M :
Je ne sais pas si un témoignage de Française vivant au Maroc est « valable » pour la cause que vous défendez. J’ai été violée par un Marocain sachant que c’était un ami. J’ai toujours été de nature confiante. Je n’ai jamais osé porter plainte. Je suis Française seule, avec deux mômes et je reçois des hommes chez moi alors que c’est interdit : que faire ? En plus je le connaissais bien ! Enfin je croyais.De l’eau est passée sous les ponts mais je suis fâchée contre ces hommes qui, parce que nous sommes seules avec enfants et « gaourya », pensent que nous sommes facilement « baisables » ou en manque, car plus vierges. J’ai fait de la boxe, je me suis défendue ce soir-là je suis tombée sur un plus costaud que moi.
Je regarde ma page blanche depuis deux jours et même si les faits, les actes de ce soir là sont gravés dans ma mémoire, j’ai du mal à les écrire sur cette feuille. Mes mots, ma vie de ce soir là vont être lus par d’autres yeux, et je ressens un grand malaise à cette idée. Pourtant il le faut.
J’ai été violée et je connaissais cette personne, je la fréquentais amicalement. Nous nous retrouvions souvent pour discuter, parler de nos problèmes, pour sortir. Il venait des fois chez moi pour parler, jouer aux cartes. On regardait un film, on échangeait des points de vues. Il dormait parfois aussi quand il était trop tard pour rentrer chez lui, dans le salon. Nous avons dormi ensemble un soir tout habillés, trop fatigués d’avoir trop parlé, un peu bu et fumé. Nous avons même fait l’amour une fois pour essayer mais c’est tout, nos discussions ont repris le dessus. Et il y a eu ce soir de trop, ce soir là.
J’ai pas compris comment, ni quand cela a basculé. Je me rappelle que nous écoutions de la musique, je me rappelle m’être retournée pour attraper un CD que je voulais lui faire découvrir. En ce moment même où j’écris ces mots, la surprise et la frayeur reviennent.
Il me plaque contre la banquette, je me sens me débattre et crier : mais qu’est tu fous ça va pas?
Sa claque dans ma tête : ta gueule! tu vas aimer!.
Je me débats et j’arrive pas à me libérer, j’ai fait un sport de défense, mais là il est plus fort que moi, j’y arrive pas : mais arrêtes ça tout de suite, t’es malade ?
Ses mains m’écrasent la tête dans les coussins. J’étouffe, j’ai peur. il s’appuie sur moi de tout son poids. Il baisse mon sarouel et ma culotte, il écarte mes jambes et là ça fait mal. je veux m’enfoncer dans cette banquette qui étouffe mes cris et disparaître à jamais. Il tire ma tête en arrière par les cheveux. ça fait mal : alors salope c’est bon hein !
Je pleure je le supplie d’arrêter, mais il continue… je veux que ça finisse j’ai mal, que ce cauchemar finisse je veux me réveiller .
Son râle signe la fin de mon supplice, je suis réveillée. C’est le moment de me sauver, là, il est plus faible je ne sais pas où j’ai trouvé l’énergie pour le repousser, je roule, je me relève et je fonces à la salle de bain. Je verrouille et là je me traite de conne de m’être enfermée chez moi. j’ai même pas pensé à mon téléphone. Je suis assise derrière ma porte et j’attends, je pleure de colère, de rage, de honte, je me traites de tous les noms et j’attends. Je tremble , j’ai froid, très froid, et envie de vomir.
La porte d’entrée claque. J’attends. J’ai toujours froid, je tremble, j’attends une heure, deux heures… Je ne sais plus. Il n’y a plus de bruit, j’ai encore peur, je sors et je fais le tour de mon appartement. Il est parti. Je verrouille tout et retourne dans la salle de bain et je me lave, me lave, me lave, toute l’eau chaude y passe jusqu’à ce qu’elle soit froide. Je me sens sale, souillée dehors et dedans. Il faut que je j’enlève tout cette souillure immonde. Je me sens un peu plus propre, je prends mes vêtements, je les mets à laver. Je sens son odeur partout . c’est horrible, c’est fini.
Je prends mon téléphone j’appelle la police, ça sonne et je raccroche avant d’avoir quelqu’un, qu’est ce que je vais dire : allo, bonjour, je viens de me faire violer par un ami Marocain ? j’imagine la suite du dialogue : mais que faisait un homme chez vous, une femme seule?
B.T:
J’ai commencé à avoir des flashs, je n’arrivais pas à distinguer si c’était des mauvais rêves ou une réalité éloignée. Ces flashs ont commencé vers l’âge de 13 ou 14 ans. C’est sans doute en raison de la rigidité de ma famille vis à vis de mes rapports aux garçons. « C’est une question d’honneur » disaient-ils. Mon père me mettait en garde en me suivant en voiture, me terrorisant avec ses menaces pour que je n’aie aucune histoire avec un garçon. Un souvenir a refait surface à l’insu de mon plein gré.
Ces flashs ont commencé à se répéter de plus belle, même dans mon sommeil. J’avais la sensation d’un pénis entre mes cuisses, un frottement répétitif. Je me rappelle aussi du coton que je mettais dans ma culotte, et j’ai encore des doutes sur une scène : quand les femmes de ménage de ma grand-mère se montraient ma culotte en se demandant si c’était du sang ou autre chose. Je vois encore une des femmes de ménage, mais je n’ose pas lui poser la question.
Je sais où ça s’est passé, mais je n’ose pas pousser la recherche. Après tout à quoi ça sert si ce n’est provoquer un scandale à ma famille ?
J’avais 4 ou 5 ans, mon frère était plus âgé que moi d’un an. En été, toute la famille se réunissait chez mes grands-parents. Pour ne pas être dérangés par les cris et l’agitation des enfants, notre grand-père nous emmenait à la piscine d’un hôtel 4 étoiles à côté de notre maison. Il donnait des sous au maitre-nageur pour qu’il nous surveille et qu’il apprenne à nager à mon frère.
Quand j’ai eu besoin d’aller aux toilettes, j’ai demandé au maitre-nageur de m’orienter. Je me souviens de ma réticence, quand il m’a emmené aux toilettes du sous-sol, sales, pleins de papiers et de sachets par terre (c’est clair que ce n’étaient pas les toilettes des clients). Lorsque j’ai eu fini de faire mes besoins, je lui ai demandé du papier toilette, il a alors rétorqué qu’il n’y en avait pas, mais qu’il allait m’essuyer et m’a demandé d’ouvrir la porte. J’avais mon maillot de bain une pièce mauve enlevé, il m’a demandé de me tourner contre le mur. Jusque-là, je ne comprenais rien, j’ai juste obéi. J’ai alors senti un gros truc qu’il frottait activement en bas, et à chaque fois que je me retournais pour voir, il me demandait de regarder le mur. C’était comme ça à tout le temps durant les vacances d’été. J’ai eu la malchance de tomber sur un pédophile et si ça se trouve mon frère a subi les mêmes actes.
Des dégâts psychologiques sont apparus par la suite, le comportement sévère de nos parents n’a pas arrangé les choses.
Aujourd’hui je me dis que ma famille ne m’a pas protégé, alors leur honneur qu’ils le gardent pour eux.
J. N :
J’ai failli être violée. J’étais en vacances à Marrakech, chez un ami qui était trop occupé pour sortir avec moi le soir. Il m’a donc donné son double de clés. En rentrant une fois à 4h du matin de boîte, je me suis fait agresser à l’intérieur de son immeuble. Après m’avoir frappée et pris tout ce que j’avais sur moi, le gars que j’avais pris pour le gardien m’a poussé puis a commencé à ouvrir la ceinture de son pantalon. J’ai alors couru jusqu’à me retrouver dans le jardin de l’immeuble. Je pouvais voir les fenêtres des habitants, et mes choix ont défilé dans ma tête, j’avais 2 solutions :
- Crier pour que tout le monde sorte, je serais sûre d’être sauvée.
- Ne pas crier, courir en silence et prendre le risque qu’il me rattrape.
J’ai choisi de ne pas crier et de courir sans regarder derrière moi, je ne sais pas comment j’ai fait pour me retrouver dans le salon de mon ami, en larmes et terrorisée. Pourquoi n’ai-je pas crié ? Pourquoi n’ai-je porté plainte ?
Je m’imaginais face à la police, voilà leur première question : « Habites-tu ici ? » « Non, je suis chez un ami ! ». L’amitié n’existe pas dans le jargon de la police, donc je vais me retrouver à expliquer le pourquoi du comment. « Que faisais tu à 4h du matin dans cette tenue ? » « Je viens de rentrer de boîte (automatiquement, pour eux je suis une pute). Bref, je me voyais déjà passer la nuit au commissariat avant même que j’explique ce qui m’était arrivé.
La société n’aide pas, la justice n’en parlons pas, la police n’est pas une protection en soi, la police est une source de problèmes dans ce genre de situation, une victime femme comme dans mon cas sera la première à aller en prison et pour le psychopathe violeur, leur réaction sera : « Il s’est trouvé au bon moment, au bon endroit et a su pêcher la bonne occasion « .
C’est donc pour cela que la plupart préfèrent le silence? La société a-t-elle réussie à nous convaincre que même en étant victimes, nous avions une part de responsabilité dans ce qui nous arrive ? Ou le poids des tabous et des non-dits est tel qu’on préfère ne pas mêler nos noms à une histoire d’agression sexuelle ?
Je refuse de croire que nous ne pouvons rien faire d’autre que subir. J’étouffe de vivre dans une société qui, à force de pression, pousse des parents à préférer la notion d’« honneur » et de « réputation » à leur fille. Une société qui oblige les femmes à protéger leurs bourreaux par peur du scandale.
Aujourd’hui, il s’agit de se révolter contre cette société gangrénée par l’hypocrisie, qui n‘aime pas les femmes. Il s’agit de dénoncer cette justice qui donne raison aux violeurs. Aujourd’hui, il s’agit de comprendre que la soumission n’est pas la seule alternative car n’oublions jamais que « la raison la plus courante d’abandonner notre pouvoir est de croire que nous n’en avons aucun ».
N.K :
Le gars bosse juste en face du bâtiment où je suis. Il m’observait depuis un moment apparemment. Puis, un jour, il a pris l’ascenseur avec moi et m’a abordée. On s’est présenté l’un à l’autre. On s’est revu à la pause de midi pour prendre le déjeuner ensemble. Il était calme et il n’avait pas l’air d’un psychopathe. Il m’a donné rendez vous après le boulot dans un café mais j’ai refusé, car je préférais ne pas trop m’afficher avec quelqu’un étant en période de divorce.
Après, il m’a appelée toute l’après midi au bureau pour que j’accepte son invitation. Je ne voulais toujours pas. A 17h30, je suis sorti du boulot, il m’attendait et m’a proposé de me raccompagner en voiture au parking (ma voiture était garée à 10 minutes de marche).
Une fois installés dans la voiture avec les portières fermées, il a changé de discours. Il a commencé à critiquer ma manière de m’habiller, à dire que c’était très prêt du corps, que ça montrait mes formes. Il a essayé de me toucher les jambes, très violemment j’ai repoussé sa main. Au lieu de se diriger vers le parking, il a accéléré jusqu’à la forêt de Bouskoura. J’étais morte de peur. Il s’est arrêté et il m’a forcé de l’embrasser, j’ai commencé à crier mais sans espoir, car je savais qu’il n’y avait personne. Apres, il m’a dit qu’il ne me ferait pas de mal, sous-entendu qu’il n’allait pas me violer. Mais que je l’avais tellement excité, que je devais absolument le sucer pour qu’il se calme et ne me viole pas. Il m’a obligé. Seule, personne pour m’aider, personne ne m’avait vu monter dans sa voiture. J’ai donc cédé…c’était un cauchemar. Puis il m’a déposé en silence près de ma voiture. Je voulais tellement réagir et lui rendre le mal qu’il m’avait fait. Mais comme c’était aussi de ma faute parce qu’il ne m’avait pas obligé à monter avec lui, et que surtout pour tout le monde, j’était une femme mariée… J’ai même pensé à payer des gars costauds pour le tabasser. Mais je n’avais pas ce genre de contacts dans mon répertoire. Je le vois tout le temps traîner et j’espère qu’il n’a pas fait d’autres victimes.
J.K:
On dit que le temps est guérisseur. Ceci dit, il y a des traumatismes qui mettent le temps à rude épreuve, résultat : la relativité l’emporte toujours et encore, car il y a des blessures que le temps ne peut guère soigner, on lui laissera les petits maux de cœur, car les traumatismes liés aux agressions sexuelles sont une autre paire de manche. Il y a 17 ans ma vie a basculé, la vie était aussi belle qu’elle pouvait l’être pour une ado dont le futur semblait être tracé. Il y a 17 ans je suis devenue une statistique. Huit femmes violées sur 10 décident de porter le lourd fardeau du silence. Je vais vous épargner les détails sordides de mon viol. Je me souviens dans quel état j’étais rentrée chez moi ce jour là, il n y avait personne, mes parents étaient en voyage et c’était une aubaine… on n’allait pas voir que mon regard s’était éteint… je me souviens de l’eau qui me brulais la peau sous la douche, sa voix, son rire, de l’eau encore plus chaude, de la voix qui grondait dans ma tête : finissons-en… j’ai essayé de me couper les veines ce jour, et je ne serais probablement pas dans le monde des vivants aujourd’hui si ce n’était pour le retour précipité de mes parents de voyage, car parait-il, ma mère avait eu un mauvais pressentiment à mon sujet, ah ! si tu savais à quel point tu étais dans le vrai, maman!. J’étais toujours sous l’eau, et en entendant ma mère qui m’appelait « joyeusement », je m’étais dit que pour rien au monde je ne voudrais les priver de ce droit à l’insouciance et la paix, dont un autre m’avait privée. J’ai vécu toute une année paralysée par la peur, je me sentais faible et je ne parle pas de faiblesse physique. Je voyais toujours mon agresseur, ce qui constituait une réelle torture psychologique vu que je revoyais le drame presque en boucle. Mes parents voyaient que je n’étais plus la même personne, j’étais devenue violente puisqu’au fond je leur en voulais de vivre dans ce calme que « j’avais » choisi pour eux, c’était à eux de prendre soin de moi, de me consoler et non l’inverse. Ils m’ont envoyé chez un psy. Mais la pression était bien trop forte et j’ai craqué, je suis restée 4 jours dans le coma après une tentative de suicide. Encore une fois, en voyant la détresse de mes parents à la clinique, j’avais pris la ferme décision de leur ramener leur fille. Je devais soit assumer mon silence soit parler haut et clair. Je n’en ai pas eu le courage encore une fois, je me disais encore que ce que j’avais de plus pure dans ma vie était que mes parents me voyaient toujours comme leur « petite fille ». J’ai fait semblant de reprendre goût à la vie. J’avais quitté le Maroc pour mes études et je pensais que les choses iraient mieux maintenant que je quittais cet environnement malsain, mais je n’ignorais pas que mes démons allaient m’accompagner. J’ai fait semblant pendant des années. Les gens ne me faisaient pas peur, je trouvais simplement l’humain « curieux ». Au fond de ma dépression j’essayais de rester continuellement consciente d’une chose : je ne pouvais pas permettre à mon violeur de détruire ma vie. Il aurait gagné et je n’allais pas baisser les armes sans m’être battue contre ces démons qui me pourrissaient la vie. J’ai l’impression que pendant longtemps j’ai été dissociée de la réalité, enfin, de ma réalité, je m’étais créée une autre histoire, je ne parlais à personne de mon viol, car ce que j’ai appris avec l’expérience est que les gens ont une capacité légendaire à appliquer ce qui me semblait être une amnésie sélective, j’ai raconté mon histoire à quelques amis de confiance qui ont évidemment félicité comment je m’en étais sorti, et j’ai vu la même lueur de panique passer dans leurs yeux, ils auraient préféré ne pas savoir, je crois. Bref, j’étais jeune, et en toute humilité j’avais les hommes que je voulais, ce n’était que des chiens après tout! Et schéma classique, je me vengeais inconsciemment sur ceux qui ne m’avaient rien fait, mais qu’importe, j’avais enfin le pouvoir. L’illusion du pouvoir plutôt, car à chaque fois c’était un petit bout de la vraie moi que j’étouffais, mais peu importe, j’arrivais à avancer dans la vie sans que personne ne puisse se douter du feu qui me consumait. Je pouvais être en pleine soirée et avoir un des plusieurs flashback du viol, je serrais la mâchoire pendant un bref instant et j’affichais rapidement ce grand sourire, qui devenait glacial avec le temps. Je n’étais plus une « victime », j’étais devenue une « survivor ». A défaut de pouvoir me venger de mes agresseurs, j’ai voulu prendre ma revanche sur la vie, et le seul moyen que je voyais était la réussite professionnelle, vu que ma vie sentimentale était un échec puisque je n’avais rien à donner et n’étais pas non plus prête à recevoir. Et maintenant que la réussite professionnelle était acquise, que j’étais une survivor, une femme de caractère, pourquoi ce vide? Pourquoi me sentir seule même en étant accompagnée ? La réponse était toute simple et claire comme de l’eau de roche: je faisais toujours semblant! J’avais oublié le pilote automatique en marche, ce n’était pas moi qui avait le contrôle de ma vie mais cette autre personne qui malgré son assurance affichée avait simplement peur du rejet, peur de ne pas être digne d’être aimée et qu’elle n’était bonne qu’à être « utilisée ». Quelqu’un d’autre vivait ma vie et le constat que je faisais de mon parcours était désolant, j’étais en mode autodestruction et je me suis rendue compte que pendant des années il y avait une seule et unique question qui me taraudait : quelle aurait été ma vie si je n’avais pas été agressée? Et la réponse venait naturellement : Ben, je serai la même personne gentille, confiante et aimante que j’étais avant l’incident. J’ai eu un moment Eureka, un moment de délivrance en écoutant mon cœur pour prendre conscience que cette personne était toujours là, que j’avais été victime de viol mais que j’avais la responsabilité, oui responsabilité, de reprendre ma personne en main, l’obligation de réapprendre à m’aimer, je n’étais coupable de rien, je ne devais avoir honte de rien et je ne pouvais surtout plus me poser éternellement cette question insidieuse car je ne pouvais plus permettre à mon statut de victime de faire partie de mon identité. J’étais bien au dessus de ça, je ne regrette aucune de mes décisions, aucun de mes actes, j’ai vécu ce que j’avais à vivre et c’était mon mécanisme d’adaptation à moi. Non, le temps ne guérit rien, mais il nous permet de nous adapter à certaine situations traumatisantes.
Depuis, j’ai appris à demander pardon aux êtres que j’avais blessé, à me pardonner les erreurs que j’avais pu commettre en essayant de survivre, à enfin comprendre que je ne suis en aucun cas responsable de ce qui m’était arrivé, je ne culpabilise plus, j’ai réappris à aimer la vie, les autres et surtout à aimer la personne qui importe le plus dans ma vie : moi. Je pouvais avoir ces fameux flashbacks, mais ils ne font plus mal. J’ai appris à laisser aller le drame. J’aime ce que je suis, et j’en suis reconnaissante à la vie.
Un jour par une belle matinée d’automne, dans une terrasse où je sirotais un café, j’ai cru voir un visage bien familier, le visage du vice. Mon cœur a bondit, et ma réaction a été de baisser la tête immédiatement… toutes les émotions passées remontaient à la surface, et cette fois une voix me disait que si quelqu’un devait baisser la tête c’était lui, que je devais garder la tête bien haute et bien fière. Ce que je fis. Je me suis levée en même temps décidée à aller lui parler, ou le frapper. Je ne le saurai jamais. J’ignore comment décrire le spectacle que j’ai vu en face en me levant. C’était bel et bien lui, il n’avait plus rien du petit beau gosse snob, con et arrogant, il était en loque et aliéné. Je ne savais pas si rire ou pleurer. Godot ne se fait pas toujours attendre il semblerait. J’ai même eu de la peine pour lui (rien qu’un peu), et ce sentiment m’a permis d’affirmer que ce chapitre était clos. J’étais libre.
L.M :
Le viol ne se passe hélas pas que dans la rue. La virginité n’a jamais été pour moi d’une importance capitale, mais j’ai toujours rêvé de passer le cap avec l’homme que j’aimerais et au moment de mon choix. Pas de chance : j’ai été droguée… puis violée par mon petit ami alors étudiant en médecine. Je n’avais que 17 ans.
Lorsque j’ai décidé de passer à l’acte, je me suis rendue compte que je n’avais plus d’hymen. Et j’ai compris que l’histoire que racontaient nos amis en commun était en fait la mienne.
Ca fait plus de trente ans… Et c’est comme si c’était hier. Voila, c’était mon témoignage.
(1) Vaginisme : Le vaginisme est un processus psychophysiologique complexe qui interdit toute pénétration vaginale. L’acte sexuel est ainsi impossible, le pénis ne pouvant entrer sans être à l’origine de vives douleurs.
C’est vrai que pour une étrangère c’est un autre lot de préjugés. Bravo les filles pour votre courage. Occupez vous de votre bien être avant tout.
Boonjour
Il existe une sectoion , ici, pour les garcons victimes de v. j’en suis une preuve vivante
MERCI
J’ai raté l’appel à témoin…
Ma meilleure amie m’a annoncé un jour qu’elle avait croisé son ex, qu’il l’avait invité à prendre un ver entre potes chez lui, et qu’il l’avait violé.
Ma meilleure amie est une femme libérée, qui a eu plusieurs partenaires, et qui en temps normal est très sensible. Elle m’a pourtant raconté ce qui lui était arrivé en ne versant que peu de larmes, sans doutes le choque et l’humiliation (Je ne l’ai compris que plus tard). L’histoire m’a d’abord choquée, ensuite j’ai juste choisi de ne plus y penser, puisqu’elle même ne s’était pas attardée là-dessus.
3 ans plus tard, je suis invitée à une soirée, une très bonne copine à moi me présente son fiancé: L’ex en question. Il devait se douter que je savais, et pourtant il semblait très à l’aise. Moi je me sentais lâche et hypocrite, mais impuissante. En effet, je n’ai pas osé en parler, ni à la future mariée ni à qui ce que soit d’autre (beaucoup d’amies très proches en commun).
Grâce à FB ma meilleure amie a fait le lien entre lui moi et la future mariée. Elle m’en a beaucoup voulu, ne comprenait comment je pouvais ne rien dire, elle me disait « si c’est vraiment ta copine ne la laisse pas épouser un violeur ». De mon côté je me demandai pourquoi je parlerai si elle-même n’en parle pas, et puis dans tous les cas qui me croirait ? Il est beau, riche, intelligent, a fait d’excellentes études, fils d’une grande famille, et a toujours eu toutes les filles à ses pieds !!
Je sais que j’ai eu tort, que je suis lâche et hypocrite et certainement pas digne d’elle et de sa confidence. Pourtant d’habitude on me reproche d’être trop directe, de ne pas avoir froid aux yeux, d’être sincère à la limite du blessant. Est-ce la société, l’éducation, le regard des autres … ? 5 ans plus tard je me le demande toujours !?
Le violeur et ma copine se sont mariés, ils ont un petit, et en attendent un autre … j’irai certainement à la clinique pour la féliciter…!
« Ma meilleure amie est une femme libérée, qui a eu plusieurs partenaires » et donc ??? Elle l’a bien cherché c’est ça ? C’est quoi ce témoignage de merde ??? Tu dis que tu es sa meilleure amie ???? Mais tu as raison ! Vas donc à la clinique apporter des fleurs à un violeur et regardes bien sa « femme » dans les yeux en la félicitant… Tu aurais pu lui éviter ça et tu l’as béni !!! Voilà exactement là le problème de cette société pourrie !
Je ne me prononcerai pas sur la première partie de votre commentaire, qui est juste ridicule!! Lisez entre les lignes et calmez vos ardeurs je ne suis pas lui !
Pour ce qui est de la deuxième partie, oui on est bien daccord c’est exactement le problème de cette société pourrie! Je le dis moi même « De mon côté je me demandai pourquoi je parlerai si elle-même n’en parle pas, et puis dans tous les cas qui me croirait ? Il est beau, riche, intelligent, a fait d’excellentes études, fils d’une grande famille, et a toujours eu toutes les filles à ses pieds !!
Je sais que j’ai eu tort, que je suis lâche et hypocrite et certainement pas digne d’elle et de sa confidence. »
Pour ce qui est de « sa femme » elle vit certes au côté d’un violeur, mais elle est tellement heureuse, amoureuse et épanouie qu’elle ne me croierait jamais !!
Chacun son histoire, et c’est pas à moi que l’on va apprendre le poid du silence.
KL, j’ai trouvé ton témoignage choquant mais surtout utile et nécessaire.
Je ne cautionne bien sûr pas tes actes ni ton positionnement vis à vis de ce violeur et sa famille.
Mais il est important de témoigner de la lâcheté et de l’hypocrisie (pour reprendre tes mots) de ceux qui savent.
Ceux qui savent et se taisent font aussi partie du problème, mais il est également vrai que face à une telle atrocité les témoins et confidents sont trop choqués pour réussir à réagir comme il le faudrait, avec justesse.
Il était important de témoigner de cela. il était important de témoigner de cette lâcheté et de cette hypocrisie.
J’ai été surprise de ton « auto-analyse » : rares sont les gens qui arrivent à se regarder en face ; il est bien plus facile et confortable de blâmer les victimes !
Je travaille à longueur de journée avec des victimes de viol, et j’ai juste envie de gerber en fin de journée…
Je ne savais meme pas ce que je recherchais avant de decouvrir ces temoignages de viol. Pour quelqu’un qui a ete violee a maintes reprises par le docteur que ma mere m’a enmene voir et tout se passait derriere la porte que ma mere m’attendait. Je n’avais que 15ans…….longue histoire.Grace avos
Merci pour vos temoignages de viol! Ils m’ont permis de mieux comprendre pouquoi ma vie sentimentale a connu tant de deception.
Nous devons tous nous unir et demander pardon à ses victimes de ne pas avoir pu les protéger…de ne pas avoir pu condamner l’agresseur…et de n’avoir pas pu vous protéger de cette violence sourde, obscéne et bestiale ….qui vous hante encore….parce qu’IL est encore en liberté…
Je n’ai pas pu lire tous les témoignages…(celui du pédophile m’a littéralement choqué)..je ne trouve pas les mots…tant de témoignages…Que dire ? Que faire…
Impuissant…Si vous l’êtes… vous le resterez face à vous-meme en complaisance avec votre conscience qui vous taraude…
La Société se réveille à la fois surprise, solidaire et groggy par le poids de nos traditions séculaires, parfois ce peut-être des croyances ou pire encore des convictions qui nous trahissent…Nous devons vivre notre temps, celui du présent…de la modernité, de la recherche et de la justice…Il est peut-être temps de se le dire…mais de le dire…
Femmes, libérez-vous!!
RÉFORMONS LE CODE PENAL ET L’HONNEUR DE TOUTES LES FEMMES!!
Crois-tu Morad qu’avec cette ministresse nous pouvons nous libérez. Cette femme comme nous qui dit haut et fort que les femmes violées l’ont cherché. Non je ne crois pas et honte à nous qu’elle fasse partie de notre gouvernement !!!
Merci!que des hommes comme vous choisisse enfin de ne plus détourner la tete…acceptent enfin t’entendre..et surtout ce reconnaissent le devoir t’accompagner les victimes dans cette guerre contre les abus sexuelles….ce putain de passe droit.qui pour ma part pour avoir subi..tant et tant de fois ..trop et trop souvent de multiples agressions…commencées dans l’enfance((par mon père et par mon frère..puis dans mon adolescence et pour finir dans ma premiere grande histoire d’amour…))je suis définitivement brisée mais pas encore à terre..je veux me battre pour dénoncer et pour protéger mes filles..qui vont devenir des femmes à leur tour un jour…je pense souvent à la mort..et ne le peux pas justement parce que sinon qui pourra alors les proteger..sinon NOUS!!Hommes et Femmes unies..et surtout enfin réunis par ce meme probleme..car derriere chaque femmes ce cachent UN ETRE HUMAIN…oui oui….
Je n’ai pas pu terminer la lecture de cet article, car trop éprouvant, je demande pardon à celles dont je n’ai pas lu le témoignage.. Je n’ose pas imaginé l’horreur qu’elles ont vécu, qu’elles continuent à vivre…
Je me rappelle d’une fois ou je fus presque(?) agressée parce que sois disant je marchais la tête haute, mon agresseur, après m’avoir pris par le cou et plaquée contre le mur dans une ruelle, m’avait lancé sur un ton de menace, avant de me relâcher: « la prochaine fois quand tu marche dans la rue , baisse la tête! salope! »
cet évènement, bien qu’il ne soit pas aussi grave que ce que j’ai lu dans cet article, mais rien qu’en écrivant ces quelques lignes, mes mains tremblent…
J’ai parfois l’impression que la société nous punis d’être nées Femmes.
Tout y est: « La société nous punis d’être nées Femmes » !
Et -paradoxalement- sans les femmes, la société ne serait pas…
J’ai raté l’appel à témoin … texte original
Tout le monde ne comprendra pas à raison pourquoi mon commentaire commence par « j’ai raté l’appel à témoin … » en effet après avoir écrit mon histoire sur plusieurs lignes je n’ai pas eu le courage de la poster, j’ai préféré supprimer et raconter la mauvaise amie que j’ai été. La première ligne elle est restée.
J’avais 5 ans, mon cousin en avait 10. Nous étions supposés faire une sieste, il m’a raconté une histoire sur Bambi (à l’époque l’un de mes personnages Disney préféré) et m’a dit que Bambi avait soif, et qu’il fallait lui donner à boire. Pour ça je devais me retourner, baisser ma culotte et fermer les yeux. Je me rappelle juste avoir senti quelque chose de chaud entre mes fesses, il m’avait expliqué que pour lui donner à boire il devait faire pipi « en moi ». Je me rappelle de la femme de ménage qui rentre et s’écrie « wili wili mahchmtouch » puis nous gronde.
Je ne sais pas si à 5 6 7 ou 8 ans j’y ai repensé ou si j’en étais perturbé, je sais juste que dès l’âge de 11 ans j’étais maladivement protectrice envers ma petite sœur (10 ans d’écart) et à la limite de l’agressivité envers mon frère cadet (5 ans d’écart) dès que leur jeux d’enfants devenaient trop physiques à mon goût.
A l’âge de 14 ans j’ai revu toute la scène défiler sous mes yeux comme un flash, un souvenir bien enfoui auquel je n’avais encore jamais pensé (ou du moins je le crois). Me rappeler m’a permis de comprendre ma pudeur excessive et mon agressivité envers mon petit frère. A cette époque il avait 9 ans et elle 4, leur différence d’âge étant similaire à la mienne avec mon cousin obstruait encore plus ma perception de ce qui n’était en réalité que des jeux d’enfants, j’étais continuellement en alerte, et aujourd’hui encore le suis malgré moi.
Aujourd’hui j’ai 26 ans, cet épisode de ma vie m’a clairement perturbé et à influencé ma relation avec mon frère et mes relations intimes et amoureuses, mais je n’en garde pas de traumatisme profond et ne peut me permettre de parler de VIOL ou même d’attouchements, car je me dis que lui aussi n’était qu’un enfant à la puberté naissante. Cependant, aujourd’hui j’ai une puce de 6 mois et en tombant enceinte, avant de connaître le sexe du bébé mon plus grand souhait était d’avoir une fille d’abord pour qu’elle soit l’ainée … il m’est même arrivé d’être agressive envers mon mari quand pendant le bain il a joué à chatouiller le bébé sur les cuisses ou sur la poitrine.
J’en ai un jour parlé à mon mari et le regrette car pendant longtemps ça a créé une gêne entre nous. Avec mon cousin nous sommes très proches, mais n’en avons jamais parlé.
Je continuerai à avoir peur pour moi, pour ma sœur, pour ma fille tant que nous continuerons à vivre dans une société de brutes, qui ne protègent pas ses femmes, et qui les condamnent pour des crimes qu’elles ont elles-mêmes subit.
Merci à vous toutes d’aider à lever le voile sur ce tabou, parlons-en c’est la meilleurs manière de nous protéger et de protéger nos enfants, frères et sœurs !
Moi aussi j’ai été victime de viol dans mon passé ; je viens d’écrire un livre qui sort la semaine prochaine pour objectif de donner une note d’espoir à toutes les victimes d’inceste et de viol engouffrées dans leur désarroi, mais aussi de jouer un rôle de prévention.
la vie est parsemée d’embûches ; malgré tout, elle est belle et elle vaut le coup d’être vécue ».
Il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que maintenant. Notre vie sera toujours remplie de défis, il est préférable de l’admettre et de décider d’être heureux chaque jour ; le bonheur n’est pas une destination, c’est un voyage, celui de notre vie…
Alors courage…
Blandine
Les gens qui n’ont pas vécu ça ne se rendent pas compte du poids du silence des autres comme autre violence. Il y a le poids du silence de la victime, le poids du silence de la société et quand encore elles se confient, il y a le poids du silence de ceux qui ne savent pas quoi dire et finissent par se taire définitivement et de s’éloigner en tournant la tête.
Moi je vous dis merci d’avoir parlé, merci et bravo de vivre encore, d’aimer encore. Vous n’êtes plus des femmes normales. C’est vrai. Une partie de vous est devenue extra-ordinaire.
Courage à vous, battez vous et ne laissez jamais gagné ces pourritures ! Ce n’était pas votre faute.
Je ressens une gêne en tant qu’homme d’appartenir a cette société si violente, schizophrène et malsaine. Étant papa, je suis conscient que ma fille a été chanceuse de vivre toute sa vie ailleurs que dans cette jungle qu’est le Maroc pour les femmes. Toute ma sympathie et soutien a toutes les femmes de mon pays devant ce quotidien infernal que les mâles de chez nous leur réservent.
J’ai 58 ans, mon oncle a abusé de moi depuis l’age de 7 ans et cela pendant des années…ma mére savait cela, mais elle n’osait rien faire – par peur du scandale (sa fille (abusée) et son frere (l’abuseur)
Cela a détruit ma vie, un mariage raté (surtout sexuellement)et maintenant apres mon divorce – un soulagement, mais hélas aussi une haine envers les hommes.
Encore moi Magda58…mon cas n’est pas seulement un cas de pédophilie, mais aussi de viol, puisque cet oncle a continué pendant des années a me forcer a avoir une relation sexuelle non consentante sous peine de représailles..(il était presque mon tuteur suite au déces de mon pere)
Bonjour Magda,
Nous recherchons des victimes de viol qui souhaitent témoigner sur Casablanca et/ou Rabat (l’identité de toute intervenante sera protégée, plus d’informations sur 475breakthesilence@gmail.com).
IDRISSI ( Directeur de l’option RH)
m a argresse sexuellment à l ecole Sup de Co Marrakech! Cette ecole m a ejecte de l ecole et refuse de me donner mes attestations!
comment un violeur de bac+3 peut devenir directeur d’option et quelle option la ressource humaine! Sonia Bennis Bardii c’est sur ce genre de compétence que vous solidifiez votre Back office! le viol déguisé en paraprostituion!
suivez le lien!
http://regardscritiques.blogspot.com/2012/01/ex-sex.html
J’ai été violée 2 fois, à mes 4ans et à mes 5ans, par un inconnu pendant que je jouais avec mes voisines dans la rue. Il devait être dans les trentaines. Et j’en ai jamais pu parler à quelqu’un.
Je ne sais comment vous remercier, vos témoignages me fendent les tripes et participent sans aucun doute à lever l’abjecte lâcheté qui entoure ces crimes et à soutenir celles qui hésitent encore à sortir du mutisme
J’ai appris que ma cousine a été sexuellement agressée pendant de longues années par un vieil oncle éloigné. Ce fut le choc d’une vie. Un oncle qui semble si pieux et si gentil… Puis, n’y tenant plus je l’ai dit à ma mère qui s’est soudainement fondu en larmes. Je croyais que c’était le choc de la nouvelle. Le vrai choc sera le mien. Ma mère fut également victime de cet oncle. Deux autres cousines aussi. Toute la famille le sait et personne ne dit rien, personne ne fait rien. Je l’ai croisé à un mariage l’an dernier. Je voulais crier, le tuer! Cracher au visage de toute cette supposée famille aux valeurs si hautes mais qui est si hypocrite. Je suis dégoûtée par ma lâcheté aussi. Je suis tout le temps invité chez sa fille et son fils, je ne leur réponds pas au téléphone ou sors des excuses bidons. Sa grande fille a souffert de longues dépression et de crises où elle s’évanouissait. Les médecins disait que la pauvre avait les nerfs fragiles… Lorsque je pense à l’enfer que ma mère et 4 de mes cousines ont vécu je tremble de rage et de haine. Contre lui, contre moi, contre cette société de merde où on ne parle ni de viol, ni de pédophilie et encore moins d’inceste. Ma mère s’est rappelé ces attouchements et ce traumatisme des dizaines d’années plus tard lorsqu’elle a fait de la psychothérapie pour soigner sa dépression chronique. Elle me dit qu’elle croit que ses cousines aussi on été victime de ce monstre. Probablement la mère de ma cousine aussi qui malgré qu’elle sait la vérité a choisi de dire que sa fille ment et malgré les 2 autres cousines qui ont dit la même chose…
chère Fd votre témoignage est édifiant mais je suis un peu choquée quand vous parlez de « société de merde » , vivant en Europe depuis toujours je peux vous garantir que cette société que vous idéaliser s’est réveillée il y a juste un an avec un fléau s’appelant le « viol éclésiastique » touchant l’institution religieuse belge avec des témoignages d’enfants victimes de viol commis par les autorités religieuses auxquels étaient confiés des enfants. les témoignages recueillis par une commission à savoir plus de 300 cas couvrant une période allant des années ’60 à nos jours font froid dans le dos. Les sociétés sont ce qu’elles sont les pseudos libérations n’ont jamais libéré les tabous.
Il faut se battre pour les changements et éviter d’idéaliser, l’herbe n’est pas plus verte chez les autres je peux vous le garantir.
Qui de nous n’aurait pas la même réflexion dans cette situation là? Qui de nous ne pesterait pas contre un pays où les droits de la violée sont bafoués alors que le violeur est presque protégé par la loi? La jeune femme n’a même pas dit qu’ailleurs c’était mieux, elle ne connait même pas. Arrêtons ce chauvinisme déplacé et voyons les choses en face! Pensez à la souffrance de la jeune femme au lieu de penser à la « réputation » de ce pays. Le pays c’est d’abord es hommes et ses femmes!
Certe en europe ce n est pas la securité extreme, jai eu la chance de vivre 22 ans au maroc pour réalisre ce que c’est d etre harcelée touchée sans protéstée(mon cas par un gendarme en plein rue),dans « zan9a » tn corps ne t appartient pas il est celui de ceux qui le regardent, dans les deux societés on ne peut nier que le vice des marocains est pire que ce lui des européens ou américauns, apres 3 ans en europe je peux vous dire que quand j y retourne je vois l obssession dans les yeux de ts les mecs il n y que le sex en tete c est le vide spiritul et culturel et aussi le machisme de notre societé,personne ne peut nier qu il a deja vu au moins une fois dans sa vie des homme se grater le penis en plein public parce qu ils ont trop regardé une femme.Actuellement j’assume ce que je porte au maroc comme en france et quand un vaut à rien ose de m’aborder au maroc ou ailleurs ( parce que meme en france les marocains draguent à l ancienne) je lui fais un scandale parce qu’ils ont peur de »chouha » la je me dis c’est moi la victime chouha ce n est pa pour moi mais pour lui.
Je tiens à remercier toutes les femmes qui ont vecu et survecu à ces drames,qui ont pu reussir sur le plan personnel ou professionnel, et toutes celles qui font tout pour s ensortir, je leur dis BRAVO et BON COURAG. on vit dans une societé machiste et notre role c’est de changer ça mais à travers nos enfants et surtout nos garçons.
Vos témoignages sont courageux et c’est seulement une fois que nous toutes, femmes, seront solidaires que l’on pourra vraiment changer les choses.
J’ai grandi à l’étranger. J’adorais faire du roller c’était ma passion à mes 13 ans. Un jour où j’en faisais dans un grand parc à 5 minutes de la maison j’ai été accosté par un garçon plus vieux qui allait au même lycée que moi. Il faisait très gris ce jour là et le parc était désert. Il m’a tiré par les cheveux et a essayé de m’embrasser de force. Avec les roller je ne pouvais pas me débattre je suis tombé et il s’est mis sur moi en essayant d’ouvrir mon jeans tout en remontant mon tshirt. 15 ans plus tard c’est encore vivide la peur que j’ai ressenti à ce moment là. J’ai eu la gorge sèche et je n’ai pas pu crier. Je me suis dis: « non ce n’est pas en train d’arriver, c’est pas toi, tu n’es pas là, ferme les yeux et pense à autre chose. Maman va être fâchée j’ai tardé au parc. » Il a alors essayé de m’embrasser et à ce moment j’ai eu la présence d’esprit de le mordre super fort et à essayer de me débattre. C’était très dur avec les lourds rollers aux pieds.. Il m’a claqué et m’a grassement insulté pendant que je criais. Je ne sais pas quel miracle, un employé du parc m’a entendu et est venu en courant lorsqu’il a vu la scène. Mon agresseur a pris ses jambes à son cou. Moi je suis restée là choquée. Je n’arrivais pas à me lever, à penser et encore moins à parler. Il m’a aidé et m’a amené à l’abri au bureau du parc. J’ai eu très peur de lui et de me retrouver là seule avec un homme. Il est parti me chercher un verre d’eau et m’a dit qu’il va appeler la police pour que je porte plainte. Je me suis enfui. Je n’ai jamais porté plainte tandis que je le voyais chaque jour à l’école. Je me suis même dit que peut-être il blaguait (!) que je me suis fait des idées. Très longtemps je ne pouvais pas être proche d’un homme. J’ai toujours été la plus coincée des copines. Jusqu’à maintenant, être seule avec un homme me fait peur mais je résiste à chaque fois. Parfois quand un ami me raccompagne, j’ai toujours cette crainte en moi. C’est peut-être ridicule mais c’est comme ça.
أود أن ألفت إنتباه القراء بشكل عام وبشكل خاص ضحايا مثل هذه الاعتداءت المؤلمة وكذلك كافة الجهات الخيّرة التي تختص برصدها ومعالجتها إلى الموقع الإلكتروني لـ ’مركز علاج الصدمات النفسية عن طريق الإنترنت’ والذي يقدم خدماته باللغة العربية لمعالجة الضحايا مجانا
ilajnafsy.org
Ces témoignages ne rendent profondément et amèrement tristes .Les dirigeants marocains ( du premier au dernier!! ) sont des criminels puisqu ils ne punissent pas ces crimes . Criminels également car ils ne font rien pour sortir la société marocaine de l ‘ignorance. et de l analphabétisme..qui nourrissent les comportements inciviques..Vivement le changement de regime/ Trop c est trop.( Oua Baaaaraka 3la lemgharba msaquen….)
@ ibn khayat najib
cela fait un long moment que je suis plongé dans la lecture de ces témoignages et je ne te permets pas de douter de l’intensité de mon indignation, mon commentaire précédent à ce sujet ayant évoqué la sanction-thérapeutique par la castration chimique.
veux-tu savoir à quel point je me sens concerné par cette abomination qu’est le viol ? c’était en 1998, j’avais fixé rendez-vous à une amie, nous avions convenu qu’elle me rejoigne à mon travail avant que nous décidions de notre programme de l’après-midi. mon bureau se trouvait à l’Oasis, elle habitait au quartier Bournazel, elle avait deux autobus à prendre pour arriver, je n’avais aucune raison de m’inquiéter… sauf qu’après trois quarts d’heure d’attente, je commençais à voir les choses autrement. il parait que le pire n’est jamais sûr sauf que là, c’est le pire qui s’est produit : alors qu’elle attendait le deuxième autobus, le long d’un boulevard bordé de villas et de terrains vagues dont certains clos de murs mais relativement faciles d’accès, et comme le boulevard était désert, un jeune homme avait surgi de nulle part et très rapidement tenté d’entraîner mon amie dans l’un des terrains vagues en question. dieu merci, elle avait fini par lui échapper au prix d’une méchant bagarre (une articulation démise, deux dents cassées et un oeil poché pour elle, le visage déchiré de griffures et les c. explosées d’un très violent coup de pied pour lui) mais surtout de l’intervention d’un ouvrier en bâtiment qui dormait dans une cabane de chantier sur le terrain mitoyen et que les cris avaient fini par réveiller… le pire est que lorsqu’elle avait fini par prendre son autobus, personne n’avait fait attention à l’état dans lequel elle se trouvait, les regards glissaient sur elle, elle avait eu l’impression que tout les passagers avaient deviné mais que personne ne voulait en prendre acte, indifférence crasse, misérable humanité…
mais qu’est-ce sue régime a à voir dans tout ça, explique-nous un peu ça s’il te plaît. à propos, as-tu voté lors du référendum d’adoption de la constitution révisée puis lors des élections législatives ? réponds d’abord à cette question et on reparlera du « premier » des Marocains comme tu dis et de ce que lâchement tu lui attribues comme responsabilité à ce sujet.
mais ça n’est même pas ton antiroyalisme primaire qui est le plus affligeant, ni l’évidence qu’au fond tu n’en as rien à cirer que les femmes soient exposées au viol à tout bout de champ, d’ailleurs je me demande si tu aurais le courage d’intervenir au cas où tu serais témoin d’un viol, à Dieu ne plaise. le plus navrant dans ton commentaire, c’est ce qu’il révèle de ton degré d’intoxication idéologique… fais donc plus attention aux saloperies que tu lis et dont tu nourris tes petites convictions, pour ma part j’en suis arrivé à conclure qu’une certaine presse s’est spécialisée dans le viol des consciences et des intelligences, avec en prime les violés qui finissent par épouser la cause de leurs violeurs ;-(
lire tous ces commentaires a fait remonter en moi de vieux souvenirs;il y a 20ans..je rentrai chez moi après avoir déposé mes enfants à l’ école..en ouvrant ma maison ,j entendis le poste de radio très fort dans la salle de bain ou je me dirigeai aussitôt ;mon bébé de 8mois dans les bras.je voulais baisser le son quand je sentis une main me tirait vers l’ arrière .je criai et pensai que c était mon mari bien que ce n était pas dans ses habitudes de me faire de mauvaises surprises!je me détachai et me retournai et me retrouvai nez à nez avec le boy qui était à notre service.Je me mis à lui crier ce qu il était en train de faire et évitais son visage qui se rapprochait de moi , »s’ il te plait madame disait il en me tirant du coté de la chambre « je ne sus à quel moment je déposai mon fils qui hurlait en marchant à quatres pattes..mes oreilles se bouchèrent lorsqu il me prit dans ses bras et en une fraction de seconde je ne savais plus ce qui se passait puis d’ un coup je me fis très courageuse…je tirai de toutes mes forces dans le sens du couloir vers la sortie et je commençai à crier espérant être entendue des voisins.il mit la main sur ma bouche ;je mordis son pouce de toutes mes forces.dans un effort surhumain je m’ accrochai aux portes du couloir pour aller vers l extérieur alors qu il me tirait de ma djellaba .mon fils continuait à hurler par terre .Arrivée face au salon ,j étais prés de m’ évanouir et l autre se rendit compte de son acte .Je lui demandai de m ouvrir la fenêtre du salon pour respirer un peu d’ air frais et je parlai ;parlai . »c est bien ,ce que tu fais ,et en plus tu veux tuer son bébé ,regarde le comment il est ;je parlai de mon mari bien entendu car cet homme était à son service.Je me laissai tomber , essoufflée ,à la limite de m’ évanouir sur un guéridon derrière la porte du salon .L ‘ homme en question s’ agenouilla devant moi et se mit à me prier de ne rien dire à mon mari .je lui demandai encore une fois d’ ouvrir la fenêtre et lui montrai mon fils étendu sur le dos car il l’avait bousculé.Dans ma tête ;j essayai de trouver une solution à cette situation à une vitesse vertigineuse …je pensai casser la vitre pour me défendre ,aussitot je me dis que je pouvais me blesser et je parlai ,parlai.Quand il remarqua que j allai perdre connaissance ,il ouvrit la fenêtre et m ordonna de rester ou j’ étais.Il ouvrit la porte pour sortir fermer le portail qui était ouvert .je pris mon enfant et sortit rapidement dans le jardin en hurlant .il revint vers moi et me menaça: »si tu cries ou si tu dis quelque chose ,je leur dirai que c’ est toi »Je regardai le portail ouvert et je courai pour sortir dans la rue .Il me devança en courant pour fermer le portail.Je courus vers la petite porte et il me dépassa en courant pour fermer la porte du jardin . Aussitôt,mon bébé ballotté dans mes bras ,je courus sortir par l’ entrebâillement du portail.Je donnais de grands coups dans la porte des voisins de droite;la porte s’ ouvrit et le fils des propriétaires ,étonné me dit « mais qu’ avez -vous madame ». » c’ est le planton lui dis-je ;empêchez le de se sauver « .J’avais la bouche en sang de lui avoir mordu le pouce et déstabilisé mes gencives inférieures . »c’ est elle ,la chienne qui voulait me draguer « dit une voix derrière moi.Je me défilai et allait chez mes voisins de gauche pour demander qu ‘ on envoie un message à mon mari.Le voisin qui travaillait dans les transmissions me demanda si celà valait la peine de lui envoyer un message .Le regard plein de rage ,je lui montrais mon état :cheveux ébouriffés ,bouche sanglante , djellaba déchirée
uf ,je suis soulagée.Mes yeux perlèrent et j’ accompagnais mon mari déçue jusqu’ au fond de l’ âme.Quelques jours plus tard ,je vins chercher un câlin auprès de mon mari qui déserta la chambre à coucher : il s’ éloigna de moi et courut vomir .dire combien d’ années ;j ai caché toute cette histoire ne sert à rien mais heureusement que je continues à avoir des amis hommes et que toute mon amertume et rancoeur ne vont que vers mon mari.
et lui demandai ce qu il en pensait.Je lui demandais de chercher les gendarmes . Il s’ exécuta sans enthousiasme.Je rentrai chez une voisine pour souffler un peu ,calmai mon bébé ,et me douchais. Dégouttée ;je n’ arrivais pas à me rappeler ce qui s’ était passé la seconde ou j’ étais devant la chambre ,avant que je bondisse comme une tigresse vers le couloir ,hors de son étreinte.Je me douchai, me changeai et me retrouvai à la brigade .Devant le responsable ,il se mit à débiter que je l’ avais
dragué .Je dis au brigadier de lui demander ce qu il avait au doigt qu il avait entouré d’ un chiffon.Je lui dis aussi ,en français,de lui demander qui lui avait lacéré le visage.A chaque fois qu il avait approché son visage du mien ,je le griffais au sang.Puis le brigadier comprit et lui fit remarquer: » toi ,tel que tu es ,tu t’ es fait draguer par cette dame et tu n’ as pas cédé …et qui est ce qui t’ as griffé?
Ce fut clos ,du moins dans ce bureau.Jappelai mon grand frére qui m’ accompagna dans un bureau de hauts responsables qui s’ étonnèrent beaucoup plus de ne pas connaitre l ‘ épouse d’ un tel que de savoir ce qui lui était arrivé.Mon mari arriva ,enfin ;comme j aurais voulu qu il n arrive jamais comme il l’ a fait.D’ abord ,ayant reçu le message de notre voisin;il ne vint pas directement à la maison mais alla faire sa petite enquête .J attendais des bras ouverts pour me consoler ,j eus droit à toute une foule de questions bizarres :comment j’ étais habillée ;ce que je faisais etc..Un moment donné ;je lui criais s’ il était de mon coté ou de l’ autre.
Il me promit une gifle et je me tus désemparée.
Et s’ en suivit des entrevues avec des responsables :des questions et des questions ;entrevues ou mon mari se sentait responsable face à ses supérieurs ;il en oubliait que j étais la victime .Il me demanda si je ne pouvais pas agir de sorte de lui éviter tout cela .En colère je répondis »si ;je pouvais accepter pour t’ éviter cet affront mais je ne voulais pas ».Il se demanda à voix haute comment il pouvait sortir dans la rue et comment il allait affronter le regard des gens. »Mais lui dis-je,il ne m’ a pas touché ;je l’ ai défiguré et il ne m’ a rien fait.Quelques jours après,après l’ enquête ,le brigadier dit à mon mari que l’agresseur avait avoué ce que je clamais depuis le premier jour.Et je vis ,oui je vis avec dégoût ,avec désespoir ,avec rage ,avec des idées criminelles mon mari pousser un gros soupir devant tous ces gens et leur dire
A votre place, j’aurais divorcé!!
TOUT TOUT même la misère du monde, mais jamais pardonner à un homme de croire que je l’ai cherché.
Si les hommes ont quelque part dans leur subconscient que la victime est elle même coupable, c’est à cause de nous, à cause du fait qu’on accepte, qu’on se justifie, qu’on culpabilise pour ce qu’on n’a pas fait.
Alors, NON, un homme qui a pensé ne serait ce qu’un quart de seconde que je pouvais être coupable, ne mérite pas que je reste à ces cotés.
Votre témoignage est poignant chère Dame, il reflète l’état d’esprit tordu de la société.
Mon Dieu, comment avons-nous été élevés, quelles sont nos valeurs pour que le qu’en-dira-t-on, et l’image donnée à voir, priment sur le soutien aux victimes ????????????
Juste écœurant.
absolument daccord avec aida, j’aurai demandé le divorce car je ne peux pardonner a un homme qui est sensé etre a mes cotés et de me soutenir de me renier le jour ou j’ai eu le plus besoin de lui. apres tout, un homme c’est ce qu’il est sensé faire proteger sa femme, etre a ses cotés dans les hauts comme dans les bas, une relation batie sur autre chose que la confiance ne peut marcher, moi je pense que votre mari a echoué a son test de bon mari, et que ca aurait ete sans doute moi qui aurait eu envie de vomir s’il avait eu envie d’un calin, et non lui. je vous en veux de lui avoir pardonné, mais malgré tout ceci, vous etes une femme courageuse et je peux comprendre que vous ayez eu envie d’un homme a vos cotes apres cette douloureuse experience. je vous felicite pour votre courage, bien entendu le courage d’affronter votre agresseur, le courage d’avoir porté plainte, et enfin, le courage de l’avoir partagé avec nous, lecteurs.
Bonjour,
JE suis journaliste française et je cherche des témoignages de jeunes filles violées et mariées à leur agresseur ou dont les parents ont voulu les marier avec leur agresseur.
n’hesitez pas à me joindre.
mgagnet@hotmail.com
…
bonjour je m’appelle magda j’ai 36 ans aujourd’hui et je m’appercois que beaucoup de mes soeurs marocaines ont subis des attrocités..je pense a vous toutes car je suis dans ce cas aussi.. je suis née en france j’y ai toujours vécu jusqu’a aujourd’hui et mes vacances d’été au maroc se sont transformé en cauchemar quand j’ai eu 5 ou 6 ans… mon oncle , le frere de ma génitrice(je ne peux l’appeller ma mere car elle m’a renié pendant longtemps après lui avoir dis la vérité sur son frère) a jeté son dévolue sur moi!! comment un corp aussi petit a pu lui donner autant de désir..des attouchements , il passera a la pénétration annal!! je devait avoir au alentours de dix ans.. a mes 16ans j’ai fait une tentative de suicide ne suportant ni le regard ni la main d’un homme.. il ne m’a plus touché apres ca .. a 19ans je me marie mais je quitterais mon mari au bout de deux mois sans jamais avoir eu de rapport avec lui, je suis encore vierge, je vais mal , je me sens sale, je m’ecoeure moi meme, je fais de la psychatrie , pendant 3 mois se sera l’enfer, les crise , les piqures, la camisole..puis apres la liberté retrouvé , je me sens tout de meme en prison , quelle liberté quand tout vous degooute et que vous sentez encore ses mains sur soi, le degout fais parti de mon quotidien et avec les hommes c’est la catastrophe!!!je decide qu’il ne dirigera plus ma vie , je veux en etre la maitresse je vais donc chez une spy et pendant des année elle me tirera de ce puit ou je me suis englouti..a 28 ans je retourne au maroc, dix ans que je n’y avait pas mis les pieds, le revoir sera une lourde epreuve, je fais des crises de paniques et ma famille pense que je suis possédé!!! je rentre au bout de 5j fatiguée.. deux ans plus tard je repart, forte et determiné , je dois l’affronté, arrive ce moment si attendu , il me traitre de menteuse , heinnnn????moi menteuse??? mon sang ne fait qu’un tour je l’ai frappé , je l’ai insulté , il a fuit alors que moi non!!! 4j plus tard je doit rentrer en france , il vient vers moi, je tremble , mon coeur s’accélère mais je m’efforce de rester forte, il tombe a mes pieds me les embrasse ainsi que mes mains et me demande pardon!! je me sens forte c’est qui est devenu la « grosse merde » que je pensait etre!!! lui pardonner pour moi peut etre !! mais pas pour les autres enfants de la famille a qui il avait fait la meme chose!! ma vie a changé ce jour la ou il etait en bas et moi en haut je dis toujour que je suis née a ce moment la !!oui je suis née a ce moment la car ma vie a changé….j’ai contacté des avocats au maroc pour le trainer en justice mais aucun ne veut prendre mon dossier ..je n’ai pas peur du scandale je n’ai rien fait moi !!! je suis sa victime !!! mais la justice et comme ma « »"mere »" ils sont marocains, ils ne me croient pas, ils me repoussent, ils ne veulent pas rendre justice pourtant ca changerait encore une fois ma vie car moi j’ai été puni toute ma vie et pas lui….
Horrifiée, mais aussi abasourdie par ton courage! Tuas bien raison, tu n’as pas à baisser la tête. C’est toi la victime, l’important c’est comment tu te vois, cette société de merde changera si elle le veut, sinon, elle ne te rendra que plus forte.
mon dieu! la justice ne veut pas vous rendre justice?!! je n’arrive pas a y croire! je ne connais pas la procedure au maroc mais est ce qu’il faut vraiment passer par un avocat d’abord pour porter plainte? je pense qu’il faut aller a la police, c’est un pedophile en liberté, moi je pense qu’il faut les castrer les pedophiles
comment dans un pays comme le notre musulman peux t on faire cette difference comment peux t on accepté ca .Je suis horrifié scandalisé .on devrait punir ces parents qui se taisent comment accepte t il de se taire .J ai une fille et si une personne touche ma fille je tuerai je ferais tous pour trainé cette personne devant la justice les gens pourront parler rire mais je sauverais son honneur .Je suis tres en colere et je soutien toute ses femmes et enfants qui ont subi cela
J’ai vu que ces témoignages étaient traduits en espagnol, seront-ils prochainement traduits en anglais?
J’ai subit un épisode traumatique et je peux m’identifier aux témoignages, surtout l’avant dernier, pour le rapport avec les parents, le sacrifice pour les « préserver », vivre dans l’illusion, faire semblant d’aller bien, et le témoignage de la victime du pédophile, pour le fait de ne pas comprendre ce qu’il se passe immédiatement à cause de notre jeune age… puis les souvenirs, les « rêves » et les scènes floues…
J’ai aussi appris le terme « vaginisme », je peux enfin mettre un mot sur cette condition dont je souffre..
J’aimerai que mon ami anglophone lise ces témoignages car s’ils m’ont aidé a prendre du recul sur moi même (ça m’a tellement bouleversé que j’ai décidé d’en parler a mes parents)
Nous allons bientôt les publier en anglais Elya.
Courage à toi, à tes parents et bon rétablissement !
http://www.qandisha.ma/2012/03/26/i-was-raped/
Quelle réactivité! Merci beaucoup
Le salut et la survie résident effectivement dans la parole… Bravo pour ton courage ! Tu n’es pas seule.
on vous souhaite bon courage dans votre demarche, parler, c’est eviter un cauchemard a une autre victime.. n’en parlez pas juste a vos parents, deposez une plainte
J’ai raté l’appel de témoins mais je sais qu’en parlais me ferait du bien et je me rend compte aussi un peu trop tard que se taire n’arrange rien au contraire car l’on est détruite à vie par ces expériences douloureuses. J’avais 8 ans quand mon oncle maternel qui venait souvent chez nous à la maison à commencer à me toucher et qu’il enfonçait son doigt petit à petit moi je ne comprenais pas ce qui se passait ni qu’elle devait être ma réaction à chaque qu’il venait toujours la même scène encore je me rappel comme si c’était hier du jour ou il à commencer à aller trop loin quand il me prit main et qu’il la mettait sur son « sexe » et qu’il se frottait à moi petit à petit. Je ne me rappel plus par contre pourquoi ni comment il ne venait plus comme ça d’un jour à l’autre.Quelques années plus tard j’ai du assister à son mariage j’en avais les larmes aux yeux et ma mère qui me demandait de sourire et de danser elle qui était aux anges ce jour là car c’est de lui qu’elle est plus proche et moi je lui en voulait car elle n’a pas su me protéger quand j’ai subi tout cela mes parents étaient à la maison ils étaient là et ils ne m’ont pas protéger. Après son mariage, il est partie s’installer en Italie je pensais que c’était enfin fini. Mais sa s’est reproduis deux fois encore lorsque j’avais 12 ans avec le fils d’un ami de mon père que je connaissais depuis mon enfance et la deuxième fois avec un de mes professeur qui a essayer à son tour. Au fil des années je me disais que ça arrive une fois dans une vie déjà ce n’est pas normal et ce n’est pas juste mais que ça arrive 3 fois dans une vie là ça l’est encore moins et je me sentais coupable alors que je n’avais pas à l’être il n’y a jamais eu de pénétration direct donc arrivé à l’âge de 16 ans je ne savais pas si j’étais toujours vierge ou pas pour moi je l’étais jusqu’au jour ou j’ai appris que ce n’était pas le cas c’était le choc de ma vie. L’hymen se bout de peau « sacré » qui caractérise l’honneur de toute une personne… c’est de la folie et c’est insensé et c’est TELLEMENT injuste. On se dit pourquoi moi? qu’ai je fais pour mériter ça? est-ce que c’est de ma faute? Aucune femme ne devrait à subir cela mais malheureusement il y a des cas de viols partout.
J’en ais jamais parler de peur que l’on ne me croit pas jusqu’au jour ou ma petite soeur est venu me dire qu’un autre de mes oncles avait essayer de lui baisser son pantalon alors qu’elle dormait. Là je ne pouvais plus supporter cela et je suis partie en parler avec ma mère. Que me répond elle? « Peut-être qu’il voulait la réveiller et qu’elle à cru a autre chose » c’est là ou je lui dis que NON il voulait lui baisser son pantalon qu’elle a résister et qu’elle la pousser je lui ai dit que moi aussi j’ai subit ça de la part de hbibi A., et la elle me regarde tourne la tête et s’en va depuis elle n’a jamais évoquer le sujet et elle leurs parlent quand ils appellent normalement comme si je n’avais rien dit et comme si il ne s’était rien passer. Mes craintes s’était confirmés elle ne me croira jamais et je ne peut plus en parler car j’ai peur de créer des problèmes entre mes parents si jamais mon père venait à le savoir car l’on est sa seule source de bonheur. Et voilà oui on vit dans une société où il ne faut pas évoquer le sujet du viol encore moins si sa concerne un membre de la famille c’est la triste et pur vérité. Je ne leurs pardonnerais JAMAIS et quand j’aurais l’occasion d’affronter mes agresseurs je leurs dirai en fac ce que je pense d’eux… De ces pourritures insensible qui m’ont gâcher la vie.
Bonsoir
Le seul moyen de lutter est de continuer le combat.
Il faut réformer le code pénal et punir sévèrement le viol mais aussi le harcèlement. Il y’a trop de laxisme sur ce sujet.
Le harcèlement commence des le plus jeune âge et encourage celui qui le pratique à continuer plus tard sous d’autres formes. Il faut rétablir le respect par la force de la loi. C’est de la responsabilité des politiques. Je ne peux pas croire qu’il ne puisse pas en être ainsi. C’est aussi la responsabilité des éducateurs, de la société civile.
Je vis en france (j’ai vecu aussi au maroc) et quand je lis vos histoires, un profond dégoût me saisit. Je suis persuadé que les marocains avec de la pédagogie vous appuieront dans leur ensemble.
Mais il faut porter plainte et rompre le cercle vicieux. Combien de femmes hesitent a le faire de peur du qu’en dira t-t-on? La honte doit être du côté de l’agresseur et non du cote de la victime!
Pourquoi ne pas faire pression à travers les médias, à travers la télé, la presse. On ne peut pas cautionner les discours culpabilisant la femme et que j’ai souvent entendu: « en somme si elle s’est fait agresser c’est qu’elle le méritait etc… »
Une société qui se respecte est une société qui accorde les mêmes droits à l’ensemble de ses sujets !
Cette société qui se dit musulmane ne peut pas cautionner de tels actes.
Non, malheureusement, je ne pense pas que « les marocains avec de la pédagogie vous appuieront dans leur ensemble » car face à de telles atrocités, les gens sont lâches, personne ne veut se mouiller de peur des répercutions. Et si le violeur est d’une grande famille, n’en parlons même pas.
A mon sens (et cela n’engage que moi !) seuls les médias étrangers auraient le pouvoir de faire bouger les choses. Si cela se sait « à l’extérieur », il y aurait peut-être un risque économique du fait d’une éventuelle chute du tourisme, si le pays est perçu comme « dangereux pour les femmes »… et cela, personne ne le veut.
C’est terrible de lire tous ces témoignages! Je suis toutefois étonnée que vous appeliez à des témoignages de femmes violées, comme si les hommes ne pouvaient pas l’être aussi! combien d’enfants, d’adolescents, ont subi les mêmes actes barbares? Le respect dû à l’intégrité d’un être humain doit être le même: homme ou femme!
Certes l’affaire de feue Filali doit nous mobiliser tous, mais faisons-le au nom de l’humain et pas selon des paramètres « genrés ».
Je salue toutefois cette action qui lève le voile sur une hypocrisie immonde.
Le viol sur mineur ou autres existe partout – ce sont des crimes, le probleme c ‘est que nous ne savons pas quand peut il se produire, ou et comment, sur qui ??- mais ce que la societe marocaine doit faire : c’ est apprendre aux meres, a la famille, a la victime de ne pas se taire, denoncer, crier, aider la victime – au lieu de l’ incriminer et de l’ enfoncer encore plus.
le fait de voir son violeur puni, je suis sur que c est un grand soulagement et cela peut aider psychologiquement la victime, et elle peut garder la tete haute.
J’ en sais quelque chose – j’ ai souffert toute ma vie et je souffre encore de ce qui m’ est arrive. Plus je vieillis plus les souvenirs abominables reprennent surface.
Combien de fois j’ ai voulu mettre fin a mes jours. Je ne l’ ai pas fait a cause de mes 2 garcons (ils ne meritent pas cette peine)
Bonjour à toutes
Je suis désemparée devant le drame que vous avez vécu et je suis folle de rage quand je vois le traitement qu’on vous a réservé lorsque vous avez voulu faire éclater la vérité. c’est insoutenable et il est grand temps que les choses changent.
je suis journaliste marocaine, basée à Londres et je suis en train de préparer un film sur vous, les silencieuses victimes et j’aimerais savoir si certaines d’entre vous seraient prêtes à parler de votre drame devant une caméra. Avec des associations anglaises et marocaines nous voulons, grâce à ce film, faire cesser ce silence et rétablir une forme de justice. Helas je ne pourrais rien faire sans votre aide. le témoignage est clé dans cette quête de justice et il ne tient qu’à vous de faire abroger cette loi immonde qui a pourri la vie de centaines de femmes. Evidemment, vous ne serez pas forcées de dévoiler votre identité si vous ne le souhaitez pas, votre visage peu ne pas être filmé et mon equipe et moi même le comprendrons tout à fait. Si vous voulez franchir ce pas, n’hésitez pas à me contacter. je dispose d’un site web avec une adresse email où vous pourrez directement me contacter en toute discrétion. je vous remercie et vous souhaite bon courage. bien à vous,
Vanessa Pellegrin
sos c urgent j’ai été violé il y a 2j par qlq1 que j venais d rencontrer sur le net je lui ai fait confiance et j suis montée ds sa voiture pr aller prendre un café mais il m’a trainé ds un coin vide et m’a violé j’avais peur j’arrivais pas à réaliser ke c’est vrai j me suis échapèe et j’ai appelé ma tante j’ai peur j me sens mal j’ai porté plainte j’ai peur d l’arrestation d la confrontation du tribunal j’ai encore rien dit à mes parents j’arrive plus à pleurer chui tjrs ds 1état d choque aider moi svp
Quel est votre mail réel? Contactez nous sur facebook!
je vous rassure je vis en France et ce pays est plein de violeurs je ne compte plus les agressions sexuelles que j’ai subi : la dernière en date (mais on va dire que c’est de ma faute) j’ai fait l’erreur de monter en voiture avec une personne que je ne connaissais pas très bien il a failli me violer dans un parking mais j’ai fait semblant de tomber dans les pommes et ça lui a coupé l’envie il me forçait et ne m’écoutait pas et il sévit toujours sur le net je l’ai vu sur inchallah.com …
toutes les tentatives de viols dont j ‘ai été victime j’ai essayé de les oublier. Je me suis résolu à penser que de toutes façons ni la loi des hommes, ni les hommes ne nous laisseront tranquilles malgré la prostitution, le net etc… ils ont toujours milles idées pour nous traquer et faire tomber leurs victimes dans leur piège et je remarque qu’ avec les rencontres sur le net ce sera encore plus fréquent et systématique et encore moins détectable.
vécu personnel triste constat pour les femmes du monde entier
c mn mail réel siham…
est c ke vs avez un num ou j peux vs appelez?ou un num d’avocat qui traite c affaire
est-ce que vous avez reçu nos mails?
merci pr vos messages les filles .n’y a t il pas une bonne avocate à casablanca?
les violeurs devraient être castrés chimiquement… sauf que cette solution pose presque autant de problème qu’elle en résout ;-( alors, quoi ?
alors, (ré)éduduer le peuple en masse et pour une fois, sans considérer le peuple comme la plus basse des classes sociales, sachant que les violeurs en col blanc n’en sévissent pas moins que les brutes épaisses… sacré chantier ! alors quoi faire, ça devient urgent !
en théorie, il y aurait peut-être l’idée à débattre que les mères ont de plus en plus tendance à élever de travers leurs garçons, pour qu’ils en arrivent à faire un si vilain usage de leur prétendue virilité… honneur et gloire à toi, Fatema Mernissi !
QU’ILS CREVENT TOUS !
Je ne pensais pas pouvoir lire tous les témoignages mais je l’ai fait et cela m’a profondément anéantie . chapeau bas a toutes ces femmes qui ont pu dépasser , non seulement le fait d’être violée mais aussi le fait d’être soumise et ramenée a l’obéissance . malheureusement , nous vivons dans une société qui accorde bien plus de droits a l’homme qu’a la femme ,et le viol ne serait qu’une façon chez les males – je ne dirais pas les hommes car ce terme vaut bien meilleur qu’une bête qui ne peut pas dominer ses envies – pour exploiter la priorité que leur offre notre société . si l’on revient a ce sujet , la virginité chez la fille n’est rien d’autre qu’un bout de peau qui se lacère , mais c’est bien la religion qui en fait un motif bien plus important : cela devient alors une question d’honneur et de réputation , nous sommes musulmans et nous sommes conscients que si l’on pénalisait toute personne pour son acte comme il le faut , aucune de ces bêtes n’oserait le faire . je fais pitié a notre société qui ne s’adapte a la religion que quand cela lui parait adéquat .
Que ce soit agressement sexuel ,ou harcèlement moral , cet homme qui ose dépasser ses limites en abordant la première fille qui lui plait sans même se prendre la peine de penser au conséquences est déjà persuadé jusqu’ au bout qu’il n ya pas de conséquences ! je ne blâme ni mon père , ni mon frère ni aucun monsieur de se comporter ainsi et de se croire supérieur et puissant a la femme , je blâmerai plutôt la société de ne fournir aucun effort pour lutter contre cette ignorance . c’est le produit de la société , ne les laissons pas nous faire regretter le fait d’être une femme, nous pouvons changer cette réalité . c’est bien notre droit de pouvoir sortir dehors et se sentir libre sans être gênée ! je refuse de croire que nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous soumettre , j’étouffe de vivre dans une société qui m’impose ma liberté . ALORS MEDAMES , nous pouvons concevoir ce changement , nous en sommes capables , et la rupture de votre silence est déjà une étape que vous avez franchis . j’en profite pour me renseigner si il ya des associations qui défendent mes convictions
ils sont fous ces USAméricains !
les Républicains en tous cas, dont le candidat à la vice-présidence des EUA vient de faire parait-il une scandaleuse déclaration à propos du viol en défendant la position que la « méthode de conception » ne change rien à la définition de la vie…
tout ça pour répondre à la question d’un(e) journaliste qui l’interrogeait à propos du droit des femmes d’avorter en cas de viol qui aurait engendré une grossesse, pour rappeler également qu’il est un membre fervent des « Pro Vie » et qu’il continue d’en être fier
http://fr.news.yahoo.com/colistier-mitt-romney-viol-m%C3%A9thode-conception-131121438.html
mieux vaut entendre des choses pareilles que d’être sourd ? pour ma part je demande à voir
urgent cherche tjrs bonne avocate sur casablanca le plutot possible
Par pitié, je ne veux pas y croire .. Dites moi que ce n’est que des fakes et que tout cela est faux … J’ai commencé des cours de full contact il y a peu et je vous assure que votre article m’incite à continuer jusqu’à pouvoir tabasser quelqu’un à mains nues … Bravo à toutes les femmes qui ont franchi la limite du silence ! On est toutes avec vous !
J’ai été moi aussi victime de viol dans mon enfance; je viens d’écrire un livre qui sort la semaine prochaine, pour objectif de donner une note d’espoir à toutes les victimes d’inceste et de viol engouffrées dans leur désarroi, mais aussi de jouer un rôle de prévention
De plus, On peut s’en sortir et se reconstruire, c’est long mais on y arrive; la vie est parsemée d’embûches ; malgré tout, elle est belle et elle vaut le coup d’être vécue ».
Il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que maintenant. Notre vie sera toujours remplie de défis, il est préférable de l’admettre et de décider d’être heureux chaque jour ; le bonheur n’est pas une destination, c’est un voyage, celui de notre vie…
Alors courage…
Blandine
Bonjour cela fait longtemps que ces témoignages on étais publier je n’ai que 15 ans l’histoire que je vais vous raconter n’ai pas la mienne mais celle ma meilleure amie
Elle s’appelais Nelly elle étais brune au yeux vert fine et belle.
j’avais 13 ans elle en avais 15 il y a maintenant 2 ans que Nelly s’étais faite violer
Son Ex , la traquer lui rendais la vie infernale c’étais un cauchemars elle ne me répéter sans cesse j’ai peur de lui car je sais de quoi il est capable trop peur pour en parler a qui que ce soit d’autre elle le garda pour elle , un soir on étais sortie toute les deux quelques heures après être rentré elle m’appela je savais qu’a sa voie elle allais mal qu’elle étais stresser triste , elle avais du mal a parler , du mal a respirer , sa voie trembler et les mots qu’elle me disais resonner comme des adieux Les dernniers qu’elle m’ont dit étais je t’aime fort Manon prend soin de toi , le lendemain j’appris qu’elle c’est suicider. Qu’elle c’est ouverte les veines.
Je parle de cette histoire avec de la douleurs une grande souffrance , car je n’ai rien pu faire elle s’est sentie impuissante et c’est bête a dire mais j’ai ressentie ce qu’elle a sentie sur le coup.
J’ai perdu ma meilleur amie comme une soeur comme un exemple , je n’ai pas su aller a son enterrement j’ai etais lache je temoigne aujourd’hui pour elle pour son honneur , jet’aime Nelly.
Bonjour,
J’ai 37 ans, et il y a 10 ans j’ai subit un viol collectif avec actes de tortures et barbaries, et tentative de meurtre de la part de mon ex ami et de plusieurs autres personnes (combien ?).
Cette nuit là, j’ai fait une crise d’hystérie avec bien sur : amnésie mais aussi dysphonie, aphonie, cécité mentale, et délires …
Une semaine après mon ex me retrouvait et me « prétait » à un de ses ami qui m’a violée à son tour. J’étais dans un tel état de confusion que je ne saurais jamais le reconnaitre.
Ensuite, après une violation de domicile, je subissais une tentative de viol, suivie d’une tentative de viol collective avec armes (mon ex était évidemment présent).
5 ans après, mes souvenirs sont revenus et j’ai tout de suite porté plainte à la gendarmerie. Suite à cette plainte, j’ai été convoquée à une simple conciliation avec deux auteurs de deux agressions. Ceux ci ont avoués ! Soulagée, j’ai attendue que justice se fasse ! Aux bout de deux ans , j’ai appris par la gendarmerie que cette affaire avait CLASSEE SANS SUITE !!!
Le procureur souhaitait tout de même me réentendre, et j’ai donc reporté plainte pour les mêmes faits.
Depuis, je suis en attente de nouvelles du tribunal, (1 ère plainte : fevrier 2008, 2 ème plainte : 17 octobre 2010).
J’ai pris un avocat récemment pour accelérer les chose, il a donc demandé au tribunal pour quelles raisons cette affaire avait été classée sans suite (1ère plainte) et où en était la 2ème.
Dons j’attends ENCORE.
j’ai évidemment signée la pétition contre le verdict de Créteil
Mais, je vous fait part de mon incompréhension totale et de mon dégout profond après avoir appris (vérifié sur facebook) qu’un de mes agresseur aussi accusé de vol, d’usurpation d’identité, … et de corruption de mineurs pour avoir demandé à ses deux fils de 14 et 17 ans de me violer, avait SIGNER cette pétition ! ! ! avec commentaire : parceque je suis un homme !
Un homme qui à souhaité à deux reprise un viol, dont un collectif avec armes !!!
mon dégout et le fait d’avoir tout perdu avec ses 4 agressions (tentative de suicide, sous antidepresseurs et anxiolitique depuis plus de deux ans, handicapée à 80 % reconnue par la MDPH … ) .
Ca ne vous donnera rien mais moi ca me soulage un peu de le nommer, cet homme qui demande une justice plus sévère avec les violeurs alors qu’il est accusé des mêmes faits Une abération
LA JUSTICE N A JAMAIS RIEN FAIT CONTRE EUX , ILS SONT LIBRES
Merci une fois de plus le grand Dr samura Je suis Nana marvell je veux
partager mon témoignage à tout le monde ici à ce que ce grand homme a fait pour
moi j’ai été mariée pendant plus de six ans savons maintenant enfant, mon
cœur a été tant de peine, je ne sais pas quoi faire. Et je suis allé
d’un endroit à un autre encore je n’ai pas trouvé la solution à mon
problème sur jusqu’à ce qu’un jour dans mon bureau quand un de mes amis est venu pour une
visitez donc j’ai été caché cela pour tout le monde de ne pas partager cette
problème à l’une quelconque façon, quand je vois la situation sur le terrain maintenant mon
mari est
à obtenir une autre femme, je fais de mon mieux pour partager cette
avec un ami, elle m’a conseillé de communiquer avec ce grand homme pour une période
jette donc je n’étais pas moi-même de lui dire mon problème si je lui demande ce qui
nous faut-il? elle a dit
il nous prend pas beaucoup de temps à peine trois jours, il nous
faire alors je regarde de haut en bas, nous étions je commence à partir de maintenant? elle insiste
pour moi de le juger que je lui demander son contact, elle m’a donné son numéro
et son adresse électronique et son numéro +2347030410643 ici, c’est l’e-mail
SAMURATELLERSPELL100@YAHOO.COM si je l’ai appelé en premier avant d’email
qu’il sache si son écriture si la personne a jeté le sort et je suis tellement
heureuse avec mon mari et deux enfants avec cela, l’homme est grand et
son casting sort est réel grâce à mon ami que Dieu bénisse tout-puissant
vous tous de Nana marvell