Les islamistes (v)ont-ils volé(er) la révolution ?
Réponse à l’article « Démocratie » ou « dictature de la majorité » ?
Suite à la lecture de l’article proposé par M. Kamal Abdelilah, je me devais de réagir face à tant de contre-vérités et d’analogies faites sans aucune contextualisation ni même preuve d’une quelconque connaissance du contexte iranien.
Les progressistes médiatiques hégémonistes ont tendance à relayer l’idée qu’après le printemps arabe, est venu l’hiver islamiste.Pour se faire je répondrai point par point, en inversant enfin le regard accusateur porté sur les islamistes. Non pas que je sois islamiste, au contraire, militant politique dans un parti de gauche, jeune issu de la classe moyenne supérieure, poursuivant des études universitaires et féministe, je suis ce que l’on peut appeler un héritier, profondément séculier, mais également profondément attaché au principe d’honnêteté intellectuelle : pour changer les choses, il faut d’abord se changer soi-même et profondément, en lutte contre le « ce n’est pas moi, c’est les autres ».
L’auteur se réfère à la révolution française de par sa popularité au sein de la société civile. C’est en effet ce qui a manqué aux révolutionnaires partout dans la zone Maghreb/moyen-orient pour parvenir à dessiner une société plus juste. Ceci étant dit, cela est-il la faute des partis islamistes ? Non absolument pas, ces mêmes partis islamistes, que l’on diabolise, servent à masquer la pauvreté intellectuelle et militante de celles et ceux qui se prétendent « élite ».
En effet, les partis islamistes via des associations caritatives ont su s’organiser pour aider les plus démuni-e-s. Et ce notamment en période de catastrophes naturelles, de grande misère au quotidien, là où les élites progressistes se réunissaient dans les salles fermées à débattre des idées.
L’auteur tente la comparaison, trop évidente, avec l’Iran d’après 1979. Il est profondément facile, hasardeux et intellectuellement navrant d’évoquer une situation qu’on ne maitrise pas. L’accession de Khomeiny comme guide suprême de la révolution islamique a été soutenue par les élites intellectuelles iraniennes de l’époque. Nombreuses ont été les femmes y compris séculières à le soutenir, car son projet était de donner des droits aux femmes justement. Le guide iranien n’est pas arrivé au pouvoir par la terreur, mais bien par le biais d’un soutien populaire, qui traversait toutes les classes socio-économiques iraniennes, qui souhaitaient renverser Mohammad Reza Pahlavi. Ne prenez pas en otage la société iranienne qui, malgré sa situation actuelle, est vivante au niveau des mouvements sociaux et notamment de la massification scolaire des femmes. En effet, il y a aujourd’hui plus de femmes diplômées du supérieur que d’hommes dans ce pays. Ce sont elles qui feront chuter le régime iranien. Mais avant cela, elles se sont instruites plutôt que de plaindre leur sort, laissant ce travail médiatique aux occidentales sans accord de leur part et ne connaissant rien de leurs expériences de vies en Iran.
Il nous est dit : « dictature de la majorité ». Quelle est l’origine de cette majorité ? Le peuple qui accorde son suffrage à des candidat-e-s qui ont leur confiance et qui ont fait preuve d’une réelle proximité ? Il est évident que les donneurs de leçons au Maroc, comme ailleurs, habitent les grandes villes riches des pays en période de révolution. Là est bien le problème. Si les islamistes sont majoritaires, c’est aussi et surtout parce que les progressistes ne se sont jamais organisé-e-s sérieusement en dehors de ces grandes villes. Où est donc la dictature ? Si c’est en réalité l’incapacité des « modernistes » à écouter le peuple ordinaire.
Si l’on suit la typologie factorielle explicative donnée de la montée des islamistes au Maroc comme ailleurs, il nous est expliqué ceci : « la grande majorité de la population vit une pauvreté économique et intellectuelle conjuguée à un sentiment d’injustice, de désespoir et de corruption généralisée. ». Que faisaient les partis progressistes dans des salles fermées dans les grandes villes pendant que les islamistes tenaient meeting dans l’espace public et les villes secondaires et les villages ?
« La grande majorité de la population est composée de croyants profondément conservateurs, qui pensent en toute sincérité que l’Islam constitue le meilleur référentiel pour l’organisation de la société et la meilleure source pour le droit et la législation. »
D’où parlez-vous, de quel droit parlez-vous de la grande majorité des citoyen-ne-s comme étant profondément conservateurs/trices ? Pouvez-vous fournir des chiffres, des données empiriques ? Des entretiens auprès de la population, représentatifs qui valident vos thèses ? Au-delà d’un jugement moralisateur qui n’honore personne, pouvons-nous quantifier ces « profondément conservateurs » ? Non, alors abstenons-nous. S’il est vrai qu’une majorité se réfère au religieux, il est surtout question d’histoire et de politique.
Dans un pays comme le Maroc où les sujets n’ont encore que peu d’expérience politique libre de par le fait que le régime soit monarchique et théologique, le référentiel religieux se comprend. De même en Tunisie, où le pays sort d’une manière admirable de 50 ans de dictature, bourguibienne puis benaliste. Durant ces cinquante dernières années, la Tunisie n’a jamais connu l’exercice démocratique. Pire, les autocrates qui se sont succédés, ont muselé l’opposition qui s’est organisée tout au long de ces années, contrairement aux progressistes qui attendaient sans doute le bon Dieu pour le faire, considérer toute la population, et non une partie, et enfin se rassembler.
Qui êtes-vous pour dire que la majorité est conservatrice ? N’y a-t-il pas « d’entre-deux », entre les islamistes et les non-croyant-e-s au Maghreb et au Moyen-Orient ?
Bien sûr que si ! et ils/elles sont nombreux/ses. Mais nombreux/ses à qui personne n’explique clairement le principe de sécularisation, permettant la liberté de croyance et de non-croyance en faisant des affaires religieuses une affaire privée.
Trop longtemps, la laïcité (terme que je n’emploie pas, car trop connoté français et galvaudé en France) a été expliqué comme étant de l’athéisme. Où est donc l’effort des « progressistes » pour enfin rétablir une vérité ?
N’attendons rien des islamistes, mais faisons notre propre auto-critique.
L’opposition monde arabe/modernité est à bannir.
Les islamistes auraient confisqué les révolutions porteuses d’espoir. Mais bien naïfs/ves sont celles/ceux qui croient que dans des mouvements sociaux les intérêts sont tous convergents. Les plus organisés l’ont emporté, les plus convaincus également. Pourquoi ne pas vouloir admettre que une majorité souhaite un régime où le référentiel religieux guide le politique ?
De plus, qu’est ce que recouvre la modernité ? Le fait de ne pas porter le foulard islamique ? Le fait de calquer son modèle sur le modèle occidental ? Donner des droits aux femmes ? C’est justement au nom de la modernité que l’Iran avait interdit le tchador dans l’espace public en 1939. C’est au nom de cette modernité que le protectorat français l’a fait également au Maroc dans les années 1930, en interdisant aux femmes de porter une djellaba, au nom de l’émancipation. Cela allait se poursuivre d’un commun accord entre les indépendantistes, l’autorité française et Mohammed V qui verrait l’éclosion de figure de proue de la liberté telle, Feu Lalla Aïcha qui par son dévoilement public lors de son discours de Tanger en 1947 devait faire entrer les femmes marocaines dans une nouvelle ère. (Zakya Daoud, Féminisme et politique au Maghreb, des décennies de luttes).
C’est toujours au nom de cette modernité versus arriération des femmes arabes, que Bourguiba puis Ben Ali ont interdit le port du hijab dans les administrations publiques en Tunisie, à l’aide de la tristement célèbre circulaire 108, adoptée en 1981 et abrogée en 2011 après la révolution. Les « grands libérateurs des femmes » sont en réalité ceux qui ont voulu imposer un modèle à beaucoup d’autres.
Le vote massif des femmes en faveur des islamistes trouve également une réponse ici. Non ces femmes ne sont pas des arriérées, sans culture politique. Elles n’ont pas oublié que pour promouvoir des femmes émancipées, on a pris un droit fondamental aux femmes ordinaires, celui de s’apprêter selon leurs désirs.
Il serait de bon temps de proposer un vrai modèle de société soucieux des multiples visages que composent les mondes arabes, plutôt que de mettre à l’index des choix démocratiques énoncés comme schizophrènes, car ils ne sont pas les vôtres.
C’est votre pensée qui est dictatoriale, égo-centrée, méprisante, totalisante et finalement particulièrement ignorante des réalités qui vous entoure. Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Nouri Rupert






Qandisha Magazwine est un support collaboratif féminin qui nourrit l’ambition de se positionner comme porte-voix aux femmes actives, intelligentes et citoyennes. Qandisha est respectueuse des libertés et des droits universels. Elle favorise le libre arbitre à la pensée collective, celle-ci ayant souvent été injuste envers la femme. Dans sa quête de dignité, Qandisha magazwine espère marcher côte à côte avec l’homme, son compagnon de vie.
Le proverbe chinois dit « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ». Il est souvent pénible de débattre de certains sujets avec des personnes étanches à la logique cartésienne, et aveuglées par leur suffisance et leurs convictions. Pour l’anecdote, Descartes avait déconseillé à certains profils de ne pas le suivre dans les voies qu’il a explorées parce que disait-il, certains esprits n’en sont pas capables, par précipitation ou modestie. Toutefois, m’étant engagé à défendre des idées et des valeurs sur la place publique, je me fais un plaisir de répondre à M. Rupert.
Cher Monsieur, j’ai l’intime conviction que vous pédalez à côté, et je vais vous le prouver en reprenant vos critiques point par point.
1) Vous semblez m’accuser de dire des contre-vérités et d’être intellectuellement malhonnête. J’aurais bien voulu avoir au moins une seule preuve tangible de ce que vous avancez ! La première chose que vous dites (à part les accusations), c’est que les révolutionnaires dans les pays arabes ont manqué de popularité et ce n’est pas de la faute des islamistes. Mais bon dieu dans quel passage de mon article j’ai dit que les islamistes sont responsables de la misère des pays arabes ? Il faut être cinglé pour affirmer une telle chose, ils n’ont jamais été au pouvoir ! La malhonnêteté mon cher c’est de me faire dire des choses que je n’ai pas dites pour ensuite les critiquer. Où voyez-vous par ailleurs que je prétends faire partie de « l’élite » ? Vous vous trompez sur toute la ligne. Je suis un simple citoyen qui n’habite pas une grande ville et qui ne fréquente pas les salons fermés.
2) Vous dites que « les partis islamistes via des associations caritatives ont su s’organiser pour aider les plus démuni-e-s. Et ce notamment en période de catastrophes naturelles, de grande misère au quotidien, là où les élites progressistes se réunissaient dans les salles fermées à débattre des idées » ; Mais encore une fois qui a dit le contraire ? Trouvez-vous honnête de me faire dire ce que je n’ai pas dit ? Les partis islamistes ont bien travaillé pour élargir leurs bases électorales en utilisant entre autres les fonds reçus des wahhabites et en mettant à profit la pauvreté et la misère d’une grande partie de la population.
3) Je me demande sincèrement qui d’entre nous ne maitrise pas la genèse, le déroulement et l’évolution de la révolution iranienne. Je vous réfère à des ouvrages écrits par des iraniens tels que: « Aux sources de la révolution iranienne » de Firouzeh Nahavandi, ou encore “Histoire secrète de la révolution iranienne » de Ramin Parham. Vous pouvez aussi vous contenter de voir (puisque vous êtes jeune) le bande dessinée « Persopolis » pour vous rendre compte rapidement que les marxistes, les libéraux et les tiers-mondistes ont été abusés par Khomeiny, et qu’au lendemain de son accueil triomphal à Téhéran, ils ont été comme je l’ai dit, muselés, emprisonnés, éliminés, assassinés et réduits au silence. Vous me faites quand même rire quand vous parlez de la massification scolaire des femmes en Iran, moi je crains plutôt la massification de votre cerveau. Comment peut-on se prétendre progressiste, féministe et de gauche (comme vous dites) et oser se réjouir de l’embrigadement des femmes et de la condition des femmes aujourd’hui en Iran, c’est carrément hallucinant. Aller à l’école pour apprendre à attendre le Mehdi Mountadar ne fait partie des objectif des féministes à ma connaissance.
4) Il est trop simpliste de dire comme vous le faites « Si les islamistes sont majoritaires, c’est aussi et surtout parce que les progressistes ne se sont jamais organisé-e-s sérieusement en dehors de ces grandes villes ». En fait, au moins au Maroc, les pouvoirs publics ont contribué fortement à la montée de l’islamisme. Bien entendu, les mouvements islamistes ont travaillé en profondeur et dans la proximité, personne ne dit le contraire, mais les pouvoirs publics leur ont bien facilité le travail en brisant les forces progressistes du pays durant les années 70 et 80, en les soudoyant pour certains, et en détruisant le système d’enseignement, en le vidant de tout ce qui favorise l’analyse critique, la rationalité, l’ouverture sur le monde : l’abandon de la philosophie dans les lycées et dans les Universités et son remplacement par la pensée islamique n’est qu’un exemple.
5) Vous écrivez : « Où est donc la dictature ? Si c’est en réalité l’incapacité des « modernistes » à écouter le peuple ordinaire ». D’abord vous n’avez pas saisi le sens de mon propos, je vais le réexpliquer, mais en plus comment pouvez-vous dire un non-sens, c’est quoi : « la dictature c’est l’incapacité des modernistes à écouter le peuple ordinaire » ?! Je passe sur ça.
Ce qu’on veut dire par « dictature de la majorité » ou encore par « despotisme de la majorité » comme l’écrivait Tocqueville Dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique » au 19ème siècle, c’est le fait que les élections peuvent conduire à ce que la majorité impose des règles et des lois qui ne tiennent pas en compte les intérêts et les libertés des minorités. Et il ajoute : « Mais la majorité elle-même n’est pas toute-puissante. Au-dessus d’elle, dans le monde moral, se trouvent l’humanité, la justice et la raison ; dans le monde politique, les droits acquis » ; et c’est exactement le sens de mes propos. Je n’ai personnellement aucun problème à ce que les islamistes, les salafistes ou n’importe qui puisse arriver au pouvoir par les élections, A CONDITION QUE LES DROITS DE L’HOMME ET LES LIBERTES INDIVIDUELLES SOIENT RESPECTES.
6) Vous me dites au sujet du conservatisme de la population marocaine « D’où parlez-vous, de quel droit parlez-vous de la grande majorité des citoyen-ne-s comme étant profondément conservateurs/trices ? Qui êtes-vous ? ». Je vous réponds honnêtement : d’où sortez-vous ? Ou vivez-vous ? Sur une tour d’ivoire ou dans un monde virtuel ? Commençons d’abord par vous expliquer ce que c’est que d’être conservateur : Etre conservateur c’est vouloir maintenir en l’état le mode de fonctionnement de la société, soit parce qu’on le trouve satisfaisant, soit parce qu’on craint les évolutions futures. Toutes les religions à leur naissance sont des idéologies révolutionnaires, progressistes et de changement, mais toutes les religions (de part leur caractère même de se considérer comme valables pour tous les temps) deviennent conservatrices. Il en découle qu’une société où la religiosité est dominante se trouve forcément sous le joug du conservatisme, et ce n’est pas propre à l’Islam. Certains états aux USA, sous la force du protestantisme rigoureux, sont d’un conservatisme plus drastique que celui de pays comme le Maroc. Dire que notre pays est à dominance conservatrice n’est pas une insulte, c’est juste une constatation partagée par tout le monde sauf vous. Par contre, vous devez savoir que dans notre pays on peut être conservateur dans ses pensées et dans sa façon de voir le monde et en même temps picoler dans les bars et harceler les femmes dans les rues. Vous avez besoin d’indicateurs ? Référez-vous au poids et à l’attachement aux traditions dans notre pays tant au niveau de l’Etat qu’à celui de la vie courante, le respect des rituels, l’intolérance vis-à-vis de tous ceux qui ne sont pas conformistes. Les entretiens ? J’en ai tous les jours avec mes collègues, avec les chauffeurs de taxi et les marchands de légumes, avec les jeunes étudiants et avec différentes composantes du tissu social. Je peux alors le confirmer : Nous sommes un peuple non seulement conservateur dans sa large majorité et fiers de l’être. Vous êtes la première personne que j’entends remettre en question ce conservatisme.
7) Vous avez écrit : « Trop longtemps, la laïcité (terme que je n’emploie pas, car trop connoté français et galvaudé en France) a été expliqué comme étant de l’athéisme. Où est donc l’effort des « progressistes » pour enfin rétablir une vérité ? ». Je pense en toute modestie que l’écrit que vous essayez de désecendre s’inscrit dans le cadre de l’explication pédagogique de ce que c’est que la laïcité et montre la nécessité d’élever la religion au rang de la spiritualité afin de la garder dans la sphère privée et intime, et d’organiser la société conformément aux principes de la démocratie telles qu’elle est définie dans ledit article.
8) Vous avez écrit : « Les plus organisés l’ont emporté, les plus convaincus également. Pourquoi ne pas vouloir admettre que une majorité souhaite un régime où le référentiel religieux guide le politique ? ». J’ai l’impression que vous n’avez pas vraiment lu l’article, vous l’avez parcouru sans plus ! Mais bien sûr que la majorité veut établir un régime où le religieux guide le politique ! C’est exactement ce que j’ai dit, et c’est ce que j’appelle « La dictature de la majorité » car le référentiel religieux impose des règles et des lois en contradiction avec les droits de l’homme et avec les libertés individuelles et collectives telles qu’elles sont universellement reconnues. Osez dire le contraire !
9) Vous dites : « C’est votre pensée qui est dictatoriale, égo-centrée, méprisante, totalisante et finalement particulièrement ignorante des réalités qui vous entoure ». Cette réaction ne peut pas émaner d’une personne qui se présente comme féministe, de gauche, et laïque par-dessus le marché. Ma pensée n’est pas dictatoriale car elle permet à tout le monde de s’exprimer, elle permet à chaque individu de vivre en toute liberté, elle permet aux citoyens de choisir la religion qu’ils veulent, elle permet aux femmes de porter le voile ou de ne pas le porter, elle permet aux jeunes d’écouter la musique qu’ils veulent et de s’éclater comme ils le souhaitent, elle permet eux êtres humains de disposer de leurs corps comme ils l’entendent. Vous par contre, votre pensée est non seulement superficielle, mais elle est faussement progressiste et dénote d’une ignorance de l’Histoire, de la sociologie et des religions.
sans rancune,
Abdelillah KAMAL
Bravo Mr Kamal,votre réponse à M Rupert est jubilatoire .
L’article de Mr Kamal était déjà remarquable, mais le « petit » commentaire-leçon en bonus l’est encore plus. Mr Rupert vous êtes complètement passé à côté…
J’espère un jour avoir la chance de vous rencontrer, Abdelillah KAMAL. Bravo, tout simplement.
Merci Fedwa, Merci Fred. Vos réactions me font plaisir. Cependant, Le grand défi n’est pas de convaincre les convaincus, mais de trouver le moyen de faire entendre raison à ceux qui considèrent que la liberté et la modernité sont des dangers pour leurs croyances et pour leurs certitudes. Le défi c’est en fait de parvenir à convaincre une majorité de la population de l’importance et de l’intérêt de séparer les croyances religieuses de la gestion et de l’organisation des relations sociales, des affaires économiques et des projets politiques ; les convaincre aussi de l’importance et de l’intérêt de respecter les droits de l’homme et les valeurs humaines universelles. Je suis conscient que ce n’est pas une tâche facile et que c’est un travail de longue haleine qui présuppose la réunion de certaines conditions telles que :
1) Un environnement général favorable au débat, à la discussion et à l’échange d’idées. Je pense que les réseaux sociaux favorisent le débat dans ce sens et permettent à tout le monde de s’exprimer,
2) La présence de communicateurs capables de construire des messages clairs, compréhensibles, percutants, respectueux de la foi et des religions, et qui insistent sur la liberté de choix des individus et sur le droit de chacun de vivre sa spiritualité comme il le veut, tant qu’il ne porte aucun préjudice aux autres citoyens.
3) La disponibilité de plateformes puissantes de communication susceptibles de s’adresser à un très grand nombre de personnes (radio, télévision, cinéma,….), et désireuses de contribuer au progrès de la société.
Mais sans un système d’enseignement moderne, efficace et véhiculaire des valeurs de liberté, de tolérance et de respect de la différence, il va falloir attendre encore plusieurs décennies pour voir la société évoluer dans le sens de l’histoire.
Ce texte est purement apologiste dans la tradition « la religion n’est pas un problème »…
Nouri écrit: « Dans un pays comme le Maroc où les sujets n’ont encore que peu d’expérience politique libre de par le fait que le régime soit monarchique et théologique, le référentiel religieux se comprend. »
Comprenez le si vous voulez, et faites en même l’apologie! Mais comprenez surtout que pour d’autres, ce « fait » est une aberration qui doit être changé au plus vite afin de rejoindre le rang des pays civilisés.
Je ne vous salue pas. C’est a cause d’idiots utiles comme vous que les alaouis et l’islam continue d’opprimer les marocains et marocaines.
Bonjour c’est une discussion fructueuse à part quelques insultes et jugements de valeurs inutiles de part et autres.
Je reviens au sujet est ce une ddmocratie ou dictature de majorité ? Je pense pour chaque jeu ,politique ou autre, des règles sont fixées et que le meilleur gagne à condition de les avoir bien respectées. Je pense que l’insatisfaction du peuple marocain durant plusieurs décénis l’a poussé a demander des changements indépendamment de l’idiomogie de la partie qui gouverne. On cite l’exemple avant le gouvernement de abderahmane youssefi
L’article de Mr A.Kamal est juste une bouffée d’air, j’avoue que je commençais à me dire que « l’herbe est peut être plus verte ailleurs », mais savoir que certains marocains pensent comme moi et que plusieurs le soutiennent, cela me donne juste l’espoir que le Maroc est vraiment sur la bonne voie et que l’on peut y arriver…
Effectivement bravo à Mr Kamal, que de bonnes perspectives avec lesquelles je suis bien d’accord et que je partage tout à fait en pensant tout comme lui qu’hélas il faudra encore longtemps avant que les esprits s’éveillent vraiment, mais dans le bon sens des choses et dans le respect d’autrui …
Ou lala trés bon trés bon. Je ai aimé la response de Mr Kamal et je me demande la meme chose : « Comment peut-on se prétendre progressiste, féministe et de gauche (comme vous dites) et oser se réjouir de l’embrigadement des femmes et de la condition des femmes aujourd’hui en Iran, c’est carrément hallucinant »
@ abdelilah kamal
les Chinois sont des imbéciles, c’était pas la peine de fonder civilisation qui a donné naissance à Confucius, Sun Tzu et Lao Tseu pour en arriver aussi minablement à Mao Tsé-Tsé Toung et aujourd’hui aux Chinois à Derb Omar avec leurs poêles Tefal empoisonnées étant donné que le Teflon bezzaf 3aliHoum c’est pas eux qui l’ont inventé…
bref si l’Islam nous invite à aller chercher le Savoir jusqu’en Chine, c’était pas une raison pour en rapporter les Chinois et encore moins leur camelote pourrie depuis qu’ils se sont convertis au libéralisme débridé c’est le cas de le dire
d’ailleurs si on leur doit aujourd’hui un proverbe pareil c’est bien parce qu’eux-mêmes n’ont que trop tendance à se comporter comme ça, CQFD.
à part ça et plus sérieusement
il y a un certain nombre de points de ton commentaire de réponse qui m’ont intéressé et auxquels j’aimerais répondre à mon tour si tu permets, notamment quand tu dis :
« Ma pensée n’est pas dictatoriale car elle permet à tout le monde de s’exprimer, elle permet à chaque individu de vivre en toute liberté, elle permet aux citoyens de choisir la religion qu’ils veulent, elle permet aux femmes de porter le voile ou de ne pas le porter, elle permet aux jeunes d’écouter la musique qu’ils veulent et de s’éclater comme ils le souhaitent, elle permet eux êtres humains de disposer de leurs corps comme ils l’entendent. »
-tout d’abord, cela conduit logiquement à concevoir la somme des minorités en question comme une réelle majorité, si on se met à identifier et additionner toutes les minorités qui pourraient se faire jour sous un tel éclairage qui s’avère dangereusement idéologique…
ensuite, il y a la limite, autrement idéologique parce que légitimement religieuse celle-là qui sacralise en quelque sorte le corps humain, en particulier le corps de la femme et sa fonction éminemment reproductrice. à cet égard, la société marocaine dans sa tradition islamique est légitime à ne pas tolérer que des toutes jeunes filles se livrent pour reprendre l’expression consacrée « à la débauche », même sous couvert de liberté politico-sexuelle…
http://www.qandisha.ma/2012/12/05/marocaine-et-pas-fiere-de-letre-2/#comment-7814
dans le même ordre d’idées, on ne peut qu’évoquer la célèbre fête traditionnelle japonaise, dans je ne sais plus quelle région en particulier, d’adoration rituelle du Pénis, où l’on voit des mères et pères de famille offrir, le jour de cette fête, des sucettes en forme de pénis à leurs fillettes sans que personne ne trouve à s’en offusquer. sauf qu’il ne s’agit que d’un seul jour par an et qu’il s’agit bien d’une fête religieuse dédiée symboliquement à la fertilité et non pas d’une vulgaire et profanatrice orgie socialisée…
http://observers.france24.com/fr/content/20100319-pourquoi-japonais-adulent-ils-penis-tagata-jinja-festival-fertilite-komaki-sexe?page=1
« Je n’ai personnellement aucun problème à ce que les islamistes, les salafistes ou n’importe qui puisse arriver au pouvoir par les élections, A CONDITION QUE LES DROITS DE L’HOMME ET LES LIBERTES INDIVIDUELLES SOIENT RESPECTES. »
- je fais partie des Marocains qui ne voulaient déjà pas voir les islamistes arriver au pouvoir alors je te laisse imaginer ce que je pense d’un gouvernement salafiste
dire que les zozos du M20févriern se sont laissés noyauter par les illuminés d’al adl wal ihsane au nom de la stupidissime stratégie qui consiste à considérer que « les ennemis de nos ennemis sont nos amis »… ce mouvement aura vraiment accumulé les les plus graves erreurs d’appréciation et il parait que ça n’est pas fini ;-(
la vérité est qu’au Maroc, hors la commanderie des croyants conférée au souverain chérifien, point de salut !
au fond le modèle de citoyenneté que devrait adopter d’urgence la société civile marocaine, c’est sans doute celui de Mohammed Ibn Abdallah ib abd el Mottalib, autrement dit l’homme choisi par Dieu pour être l’ultime prophète du monothéisme révélé et qui fonde au Maroc la tradition d’un guide monarchique tempéré par une autre tradition bien marocaine, celle de la consultation tribale, sans négliger surtout le fait que le Prophète (P&S) n’a eu de cesse d’inviter-inciter les Hommes à témoigner aux femmes en général et aux mères en particulier l’immense respect qui leur est du.
« la nécessité d’élever la religion au rang de la spiritualité afin de la garder dans la sphère privée et intime, et d’organiser la société conformément aux principes de la démocratie telles qu’elle est définie dans ledit article.
- d’autres religions peut-être et ailleurs qu’au Maroc, si tu veux, mais dans ce cas va donc y vivre toi-même pour commencer
quant à l’Islam, tu sais bien qu’il ne dissocie pas le spirituel et le temporel, aussi à quoi bon revendiquer cela ? par idéalisme sans concessions ? tu ne vois pas ce que ça nous a déjà coûté collectivement depuis l’Indépendance, cette attitude-là ? le jusqu’au boutisme hystérique du PSU, surtout depuis que c’est une femme qui a pris la tête, par exemple le plus flagrant ? ou encore l’irréalisme de cette autre enragée de laïcité politique qui au nom des droits de l’homme réclame à cor et à cris la dépénalisation à la fois symbolique et pratique de la fornication ? voila qui ferait sans doute plaisir aux militants de la liberté absolue des corps, prélude à une banalisation de la prostitution voire de la pornographie qui est est la forme extrême.
« le référentiel religieux impose des règles et des lois en contradiction avec les droits de l’homme et avec les libertés individuelles et collectives telles qu’elles sont universellement reconnues. »
- les valeurs et les règles érigées par l’Islam sont tout aussi humanistes sinon davantage que la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen n’en déplaise à Voltaire et à Rousseau
quant à l’universalisme que tu revendiques, il ne relève que d’un idéalisme. par exemple le complexe d’oedipe n’est pas concevable que dans le cadre d’une société polyandrique, c’est-à-dire où les femmes peuvent prendre-avoir autant de maris qu’elles le souhaitent, étant donné que ces sociétés-là considèrent que c’est exclusivement la mère qui détermine l’identité de l’enfant. à se demander si l’invention de cette théorie n’était pas qu’une stratégie destinée à saper les fondements de la civilisation helléno-chrétienne ?
« les mouvements islamistes ont travaillé en profondeur et dans la proximité, personne ne dit le contraire, mais les pouvoirs publics leur ont bien facilité le travail en brisant les forces progressistes du pays durant les années 70 et 80, en les soudoyant pour certains, et en détruisant le système d’enseignement, en le vidant de tout ce qui favorise l’analyse critique, la rationalité, l’ouverture sur le monde : l’abandon de la philosophie dans les lycées et dans les Universités et son remplacement par la pensée islamique n’est qu’un exemple. »
-petit rappel d’histoire politique du Maroc contemporain : si les gauchistes révolutionnaires au nom du matérialisme athée et accessoirement de la dictature du prolétariat n’avaient pas autant bafoué les valeurs spirituelles et religieuses marocaines entre 1955 et 1975, l’état marocain n’en serait pas arrivé à les combattre en utilisant l’arme fatale de l’islam radical. feu Omar Benjelloun ne manquait parait-il pas d’accomplir ses cinq prières quotidiennes pais il n’aurait jamais du s’en prendre publiquement aux racines islamiques du Maroc y compris paysan et ouvrier…
@ qandisha
j’ai vu à nouveau apparaitre la mention « commentaire en attente de modération » après avoir répondu. je suis curieux de voir sur la base de quels critères tu comptes modérer les débats désormais
@ celui qui veut rejoindre au plus vite le rang des pays civilisés
andy, sois gentil, fous la paix à l’Islam, à la royauté marocaine et aux Alaouis ! qui sont je te le rappelle la dynastie chérifienne légitimement régnante et même gouvernante en notre grand et beau pays, n’en déplaise aux petits et moches individus de ton espèce…
ou alors admets qu’on puisse en revanche s’en prendre tout aussi démocratiquement aux Andaloussis au titre des soi-disant grandes familles de notre société si vile.