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Non, les hommes ne nous haissent pas!

J’ai eu du mal avec l’article de la journaliste égyptienne Mona El Tahawy paru dernièrement sur Foreign Policy. Certes, l’article a créé un buzz mondial car il révèle plusieurs vérités, mais en arriver jusqu’à dire que les hommes haissent les femmes est trop exagéré, limite provocateur.

http://www.rue89.com/2012/04/30/pourquoi-nous-haissent-ils-une-blogueuse-egyptienne-denonce-le-machisme-des-hommes-arabes 

Les problèmes de la femme arabe résultent plus d’une incompréhension entre les sexes que d’un quelconque sentiment de haine à leur égard. Si on va plus loin, on constatera que cette incompréhension résulte avant tout de l’interdiction de la mixité et de cette envie maladive qui existe chez nos régimes arabes de diviser la société : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. En divisant les sexes, les régimes arabes veulent empêcher la tentation sexuelle. Or, en réalité, le fait de séparer les sexes n’enlève pas la tentation. Au contraire, il l’exaspère, l’amplifie et aboutit à des actes de violence dans les rapports hommes-femmes.

S’il y a bien une révolution à faire dans les sociétés arabes, ce n’est pas en priorité la révolution sexuelle comme le pense Mona El Tahawy, mais plutôt la révolution éducative. Le problème de nos sociétés réside dans l’ambiguité des relations hommes-femmes. Les femmes sont amoureuses de leurs fils pas de leurs maris et les hommes sont amoureux de leurs mères, pas de leurs femmes.

Cette ambiguité des relations vient du fait que les deux sexes ne sont pas suffisamment fréquentés ou dialogués dans le respect des droits et des libertés individuelles. Certes, les lois rigides et le machisme ambiant aggravent cette incompréhension, mais gardons à l’esprit qu’il y a plein de femmes qui ont éduqué leurs enfants avec l’idée que le plaisir leur est défendu. C’est une privation, mais elles se construisent comme cela et ne cherchent pas forcément à s’en libérer. Culturellement, beaucoup de femmes ne s’autorisent le plaisir que dans la maternité, pas dans la féminité.

C’est toujours réducteur d’accuser un sexe. Au lieu de dire que les hommes nous haissent, je crois qu’il faut plutôt appeler à la communication avec eux et arrêter la ségrégation. Les peuples arabes ont besoin avant tout d’une révolution éducative qui doit porter et sur les hommes et sur les femmes.