Moi, femme, marocaine, musulmane et esclave
On a tous fait un jour ce rêve d’un long couloir sombre avec à son terme la lumière, une lumière inaccessible, si proche et pourtant si lointaine. J’ai l’impression de vivre dans ce rêve. Pour certains, ce songe tiendrait plus du cauchemar que du rêve, pourtant c’en est un de rêve, car je caresse l’espoir de pouvoir atteindre, un jour, cette lumière tant convoitée. Si elle venait à s’éteindre, les choses en seraient certainement autrement, mais pour l’heure, elle est là cette lumière, elle est en chacune d’entre nous. Cette révolte pour une égalité morale et spirituelle.
Moi, femme, marocaine, musulmane et esclave.
Femme et marocaine, je le suis, musulmane je l’ai choisie, mais esclave je n’y consens !
J’ai le malheur d’être née femme dans un pays où seuls les hommes ont le droit au choix. Victime de la misogynie, j’ai laissé mon cœur et mon âme manifester leur mécontentement. Je me suis découverte féministe le jour où j’ai découvert le désir. Un désir si profond de vivre, d’avoir le choix, d’aller au-delà de ce que les autres se sont sentis le droit de m’imposer. Aujourd’hui, je me rêve en femme libre de son corps et de son esprit, capable de renverser l’état des choses et se proclamer libre. Cette femme que je suis au fond et qui jusqu’ici n’a pas eu le courage de manifester son existence au monde. A la fois rongée par le remord de ne pas être à l’image de ce que l’on attend d’elle et pourtant jubilant d’avoir su enfin faire l’effort de réfléchir par elle-même et de dire non, quand tout ce que l’on attend d’elle c’est qu’elle consente sans s’indigner.
J’ai ouvert la porte, je me suis laissée pénétrer par cette conviction, si forte et si profonde, que j’étais la propre maitresse de mon existence, que je me refuse aujourd’hui d’accepter cette voie prédéfinie qui ne correspond ni à mes attentes ni à mon état d’esprit.
Personne ne m’enfermera plus dans ce mutisme.
Oppression vécue de gré à une certaine époque, où tout ce qui comptait pour moi était d’être à l’image de la « bent nass » typique dont le trajet et les choix de vie étaient déjà tout tracés. Réduite à devoir suivre l’exemple de celles qui m’ont précédée, courber l’échine devant la toute puissance des phallocrates et subir éternellement la pression sociale. Je me refuse aujourd’hui à me réduire à ça : un être moulé auquel on ne demande pas de réfléchir sur son existence et sa situation. On vit cet état des choses comme une fatalité alors qu’il ne tient qu’à nous d’essayer d’y remédier.
On ne peut en vouloir à nos mère de nous avoir, entre autres choses, éduqué à nous préserver pour nos époux, qui soit dit-en passant ne voient aucun intérêt à se préserver pour nous. On ne peut leur reprocher d’avoir accepté cet état des faits, ayant intégré tout cela par habitude et n’ayant pas eu le loisir d’y réfléchir et de remettre tout cela en question.
Quelle honte ce serait pour moi de ne pas essayer de briser ce cercle vicieux qui nous réduit, femmes, à une vie que nous n’avons pas eu le droit de choisir. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai décidé de poster ce que j’ai plaisir à nommer ma déclaration d’émancipation. Et quelle meilleure façon de manifester tout cela autrement qu’en la postant sur Qandisha ?!






Qandisha Magazwine est un support collaboratif féminin qui nourrit l’ambition de se positionner comme porte-voix aux femmes actives, intelligentes et citoyennes. Qandisha est respectueuse des libertés et des droits universels. Elle favorise le libre arbitre à la pensée collective, celle-ci ayant souvent été injuste envers la femme. Dans sa quête de dignité, Qandisha magazwine espère marcher côte à côte avec l’homme, son compagnon de vie.
Bravo !! Ce désir d’emancipation est tout a fait légitime.La liberté de choix est un beau projet de vie sinon le seul!!
Vous donnez ainsi à une civilisation entière de ne plus avoir à se voiler la face…Merci
Ça n’est pas facile d’aller contre le courant j’en sais quelque chose mais ça vau le coup bravo
Bravo Tilila, la lumière vers laquelle tu marches n’est pas au bout d’un couloir, elle est en toi, elle est toi. Il faut la laisser s’exprimer sans plus jamais avoir peur qu’elle illumine les obscurantistes qui nous font croire que nous sommes dans l’ombre. Nous sommes la lumière et nous n’avons plus à marcher, juste à être, au grand jour, fièrement ! Bravo !
Merci
!!
Tilila,je te remercie de tout mon cœur.J’ai lu ce billet au moment où j’allais perdre espoir et me laisser soumettre par notre culture et mentalités marocaines.Mais maintenant,j’ai décider de me battre,de montrer au monde ce qu’une femme peut faire.Je le ferai pour moi et pour toutes les marocaines qui subissent chaque heure de chaque jour l’injustice de la part de notre société.
Je pourrais bien dire que tu m’a sauvé la vie ,Tilila,merci
Aba : Je t’avoue que je ne m’attendais pas à ce message, je suis vraiment touchée et heureuse que ce billet ait été publié à ce moment là! Je te souhaite vrmt de réussir dans tes projets et surmonter tout ça! Il y a tellement de choses à vivre et à voir en dehors de ce monde qui s’évertue à nous soumettre. Je te souhaite de réussir à t’émanciper et à vivre une vie pleine et lumineuse, de vivre sans regrets et surtout de vivre pleinement ! Il y a une citation de Simone de Beauvoir que j’aime tout particulièrement : « Il faut considérer la vie comme une partie que l’on peut gagner ou perdre ». C’est selon moi la meilleure façon d’appréhender la vie mais pour cela il faut en être l’acteur et non le spectateur. On a souvent tendance à serrer encore plus les chaines dont on nous a affublé. On a toutes à un moment été résignées et notre résignation a fait de nous des êtres paralysés par la peur de ne pas être assez bien pour une société qui de toute façon ne nous trouvera jamais assez bien. On nous a tellement inculqué l’obéissance et la soumission à des principes moraux et à des codes sociaux dépassés qu’on a fini par se convaincre que le refus de s’y assujettir et d’en vouloir plus était un sacrilège et un pêché mortel. Tu es ce que tu fais de toi et non pas ce que les autres ont décidé pour toi. Ta liberté tu te la dois ! Tu dois vivre ta vie en accord avec ta conscience et en fonction de tes aspirations. Tu dois la vivre pour toi et non plus pour les autres. Je ne doute pas que tu y arriveras.
Il est passé et dépassé le temps de se résigner, notre vie nous appartient.
Bien à toi,
Tilila.
Quel beau texte et quelle leçon ! Moi femme française libre de mes choix je peux imaginer ton immense frustration, je ne peux que te soutenir dans tes convictions et te confirmer que c’est bien toi qui a raison, soit heureuse et bien avec toi même là est le principal… Encore Bravo !
Je parie que tu ne me croiras pas,mais j’ai imprimé ton commentaire,je l’ai collé dans mon journal intime ,je le lis et relis chaque jour et chaque soir ,avant de dormir,avant de sortir,juste après m’avoir réveillée .
J’ai fait ça,pour ne jamais oublier tes conseils et pour me rappeler toujours que j’ai un choix,que je peux faire ce que je veux car » Il faut considérer la vie comme une partie que l’on peut gagner ou perdre » .Merci une autre fois
Bien à toi
Randa
Je suis désolée ,c’est une réponse à Tilila
J’ai eu plaisir à lire ton article Nous devons refuser de se conditionner aux croyances et volontés des autres, mais plutôt faire nos propres choix et agir en notre âme et conscience. Dans notre société, la lumière existe et c’est les personnes conscientes et responsables comme toi, laissons là donc prendre de l’ampleur et changer ne serait-ce qu’une toute petite part de l »esprit de meute…
La situation actuelle découle ,aussi bien pour la femme que pour l’homme de traditions tellement engendrées , que ça semble comme une fatalité. Je pense que les cris d’indignation ici et la sont le signe d’une volonté de changement et aussi , ne l’oublions pas, le signe d’un vent de liberté extraordinaire. Moi personnellement , je pense qu’il faut en profiter pour opérer un changement en profondeurs des traditions et de l’état d’esprit , et opérer ainsi un changement réel des mentalités et des habitudes. Car , il s’agit bien d’une culture humaine qu’il faut propager, et d’une réconciliation avec les valeurs humaines , en toute conscience , et loin des interprétations et des idées véhiculées à travers les siècles , sans avoir jamais été rejetées ni contestées.
Je crois que les mentalitès ne pourront pas changer si nous memes on ne change pas. Comment? On commence par notre petite famille, il y a des femmes qui souffrent de cette situation, mais dès qu’elles sont chez elles, avec leurs enfants, elles se comportent comme leurs mères ou grand mère. c’est à dire qu’elles poussent la fille à servir son frère et que le garçon a le droit d’etre autoritaire envers sa soeur.
Aussi, il faut qu’entre femmes on discutent des sujets interessants et inscructifs et qu’on arretent de regarder les films idiots.
Merci pour ton message. Il met du baume au coeur! Et je suis d’accord avec Saida, l’eveil et l’education de tout enfant commence d’abbord chez soi. Et le debut du changement est deja la dans vos lignes! Il faut perseverer, garder l’espoir et se dire que demain c’est un autre jour.
http://chankou.over-blog.com/article-citadine-la-revue-du-sheikh-mohammed-hussein-al-amoudi-fete-la-journee-de-la-femme-110922912.html
moi je suis pour le travaille de la femme