Mon deuxième mariage août21

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Mon deuxième mariage

Dans notre société psychotico-névrosée, un homme ayant dépassé la quarantaine, sans avoir expérimenté le mariage au moins une fois, est un pervers chronique, brouteurs de vagins, un homosexuel refoulé et sodomite, ou un stérile ambigu. Pour faire taire toutes les rumeurs infondées qui sillonnaient les rue de Casablanca City sur ma personne, et qui remettaient en question ma virilité corporelle et mes penchants sexuels douteux, j’avais décidé de me remarier !!

Comme mon premier mariage fut un vrai carnage communautaire, plus escarpé que le film «Amours et Mensonges » de Julia Roberts, et plus ombrageux qu’une tornade Guadeloupéenne, je voulais choisir ma future épouse avec précaution et vigilance. Pour cela, pas mieux que ma tendre mère !! Une experte certifiée des commérages fédératifs, et une chevronnée habile du Tberguig locale, qui allait me dégoter la fameuse Bent Nass, arpentant avec moi diligemment Dwayer Zman. Ma future compagne et mère téméraire de mes futurs chérubins devait évidement répondre à une horde de critères :

·         De souche Ben elle sera….ascendance et descendance purement fasciste, je ne veux pas d’une race souillée qui intoxiquera ma lignée de pseudo chorfa.

·         Powerful… famille aisée et réputée… Un grand père ancien ministre des habous, ous un cousin juriste d’entreprise. Les connexions sociales de ma belle famille peuvent toujours me servir.

·         Pourrie gâtée… Normal !! Je ne veux pas d’une femme encrassée par de l’eau de javel et des éponges Tertio. Mais une donzelle habituée aux fchouch de ses parents, aux Fish Pédicure quotidiens et aux sacs Gucci.

·         Lettrée… Assez instruite pour converser convenablement, mais pas trop cultivé. Je ne recherche pas une Simone de Beauvoir, pour débattre de théories sur la phénoménologie comme source de l’existentialisme… Juste une femme normale.

·         Diplômée d’une grande école… Ben quoi !! que vais-je rétorquer lorsque mon cousin Sidi Mimoun lui présentera sa femme architecte diplômée de… !?

·         Pseudo vierge elle sera… Ne vous leurrez pas. Je suis certes un perverti  libertin, mais je suis aussi un tradionaliste et paranoïaque. Je ne pourrais jamais tolérer que ma femme ait été pénétrée par une pile de dévergondés aussi vicieux que moi… No Way !!

·          Pseudo soumise… Comme je ne peux pas me contenter d’un seul vagin, je ne veux pas d’une femme qui va me prendre la tête avec ses  interrogations journalières et ses altercations verbalisées… Fayn kounti? Maamen? Fayn ghadi…waaaa !!
Après  plusieurs mois de fouilles minutieuses et d’investigations fédératives, ma mère me dénicha The Perfert Bride. Une Ben nommée Aliya, âgée de 28 ans, qui venait de terminer ses études en sciences pharmaceutiques à Paris. Elle était assez jolie mais tellement ordinaire. Le genre de nana à qui tu ne filerais pas ton numéro de téléphone après une After Party. Je l’avais scrutée en créant un faux profil sur Facebook et en l’ajoutant. Elle était non seulement réglo comme une horloge suisse, mais Mademoiselle était PUCELLE. (à 28 ans ?! Une espèce en voix de disparition que je n’avais jamais apprivoisée auparavant) mais cela me rassurait intérieurement! Au moins, elle n’était pas aussi nymphomane que cette bonne Maria.

Je n’étais pas totalement emporté par cette communion hâtive, mais je savais qu’Aliya s’accorderait parfaitement avec mon statut social, communautaire et intellectuel.  Et puis, j’approchais la quarantaine dans quelques jours et je voulais réellement procréer. Tous mes amis avaient des enfants, ils s’invitaient mutuellement à des baptêmes, des Birthday Party et même des soirées pyjamas…

Nous nous sommes mariés un jour de juillet assez chaleureux. C’était un mariage très cosy, et très agréable où seuls nos amis les plus proches étaient conviés. Le fait de me remarier pour la deuxième fois, me conféra un sentiment de bien être assez contourné et nébuleux. Contrairement à ce que vous devez penser, je me sentais en confiance et je voulais réellement commencer une nouvelle page.

Aliyaa était une épouse parfaite, quoique… un peu étrange. Elle savait certes cuisiner le tagine de poulet aux citrons mieux que dada, mais le découpait en plusieurs milliers de tranches qu’elle répartissait sur tous les jours de la semaine. Elle ne s’immisçait jamais dans ma vie personnelle, mais scrutait mes relevés téléphoniques et bancaires consciencieusement. Elle n’aimait pas que je dissipe mon salaire assez favorable sur des banalités, mais allait s’acheter des bracelets en or chez Trabelssi chaque fin de mois. Elle réclamait perpétuellement Sodome oh Sodome, puis me traitait d’homosexuel actif et refoulé juste après. C’était une femme bourrée de contradictions, assez schizophrène et tellement insensée.

En fin de compte, je l’aimais bien ma Aliyaa.

Comme Aliyaa ne tombait pas enceinte malgré nos soirées pénétrantes assez mouvementées, et la décapsulation de toute forme de contraception corporelle, nous décidâmes d’aller voir un médecin fébrilement. Après quelques consultations scrupuleuses et plusieurs analyses de mon spermogramme… Nous avions enfin les résultats définitifs et par conséquent la cause de notre infécondité énigmatique. J’avais ce qu’on appelle de l’azoospermie obstructive causée certainement par une MST que j’avais contracté lors de rapports douteux avec une prostituée africaine à Barcelone.

J’étais abattu et affligé par cette nouvelle abominable. Je voulais assassiner la société, écrouler la terre et démolir le cosmos. Je désirais véritablement avoir un bataillon d’enfants semi Ben. Blondins et ambrés d’un regard aussi verdâtre que la lueur d’un Emeraude. Ma relation avec Aliyaa était devenue alambiquée et tellement entortillée, je voyais dans ses yeux son mépris et son mésestime pour ma personne. Elle ne voulait plus que je la touche, ne me révérait plus, et profitait au maximum de moi comme si elle allait me déserter dans quelques mois. J’ai commencé à avoir des doutes lorsque je l’ai surprise au téléphone entrain de parler à sa sœur, lui divulguant son incapacité à vivre sans enfants.  C’était évident, Aliyaa allait soit me tromper promptement, soit me quitter pour aller enfanter une horde de semi fascistes aussi avares et schizophrènes qu’elle. J’aurais agi pareillement si elle avait été  infertile. inconsciemment, je lui avais pardonné en toute vérité.

J’ai finis par divorcer. Aliyaa voulait que je lui octroie la moitié de mes biens pour cacher la vérité sur ma stérilité. Je n’ai pas cédé à sa pression pour m’extorquer ( je suis expert en fraudes fiscales n’oubliez pas) , et j’ai balancé un peu partout que Madame était aliénée et irresponsable, et qu’elle n’arrêtait pas de divaguer avec ses hallucinations insupportables. Comme j’avais peur pour mes futurs enfants, j’avais fini par demander le divorce face à cette psychopathe addict aux antidépresseurs. C’était ma parole contre la sienne !! Je lui avais malgré tout conféré mon ancien appartement et un petit dédommagement. Cette femme ne m’avait fait aucun mal, elle voulait juste brader quelques pulsions maternelles.

A ma rancœur hispanique venait de s’ajouter une amertume africaine immuable. La première brisa mon cœur en un millième de petites parcelles, la seconde brisa mon rêve d’enfanter des semi fascistes en un milliard de fractions. Amour disloqué, réputation souillée, virilité affectée… Je n’avais plus rien à perdre… Je n’avais plus d’estime pour les femmes, puisque après tout ce sont toutes des salopes.